La zone de police Ixelles-Bruxelles lance le télépolice du futur
Des centaines de commerçants l'attendaient. Le bourgmestre Yvan Mayeur a démissionné et c'est débloqué.
- Publié le 27-07-2017 à 07h51
- Mis à jour le 27-07-2017 à 07h52

Des centaines de commerçants l'attendaient. Le bourgmestre Yvan Mayeur a démissionné et c'est débloqué. Le 17 juillet, la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles a ouvert le marché de télésurveillance qu'elle proposera dès 2018 aux commerçants et professions libérales installés sur son territoire. Déjà proposé depuis des années par les cinq autres zones de police Midi, Ouest, Nord, Montgomery et Marlow, ce futur système de sécurité avait été annoncé en janvier 2015 par Yvan Mayeur qui promettait son installation dès 2015.
Que s'est-il passé pendant deux ans et demi où les commerçants ont dû attendre ? Toujours est-il quYvan Mayeur a démissionné en juin et que le 17 juillet, le projet bloqué était débloqué. Dans l'appel d'offres, la zone de police Bruxelles-Capitale prévoit qu'"au moins 2.500 commerces" puissent s'y relier.
La lecture du cahier des charges rend pourtant perplexe. Comme partout en Région wallonne, les cinq zones de police bruxelloises déjà équipées, couvrant 17 communes, utilisent un système grâce auquel le commerçant abonné est directement relié au dispatching de sa zone de police. C'est aussi ce que Bruxelles-Ville et Ixelles annonçaient début 2015.
Or le cahier des charges prévoit de relier le commerçant à "une centrale d'alarme privée" qui transmet alors seulement l'appel, après vérification, à la zone de police. Outre qu'il n'est plus encouragé de longue date par le SPF-Intérieur, ce système de filtre via une centrale d'alarme n'est pas utilisé à Molenbeek, Anderlecht, Saint-Gilles, Schaerbeek, Etterbeek, ni dans les douze autres communes qui ont toutes choisi un raccord direct à la police, et en sont satisfaites. Selon des spécialistes, ce "cavalier seul ixello-bruxellois" ne serait pas sans conséquence : il empêcherait de couvrir les dix-neuf communes bruxelloises par un réseau intégré de caméras couplées entre elles, et donc - simple exemple - suivre en temps réel la fuite de criminels circulant d'une commune à l'autre.
Les mêmes spécialistes s'étonnent aussi que la zone Bruxelles-Ixelles veuille obliger l'installation de deux caméras dans les commerces alors qu'une caméra grand angle suffirait dans la plupart.
Le 12 janvier 2015, Yvan Mayeur, se disant "soucieux de protéger les petits commerces", promettait l'installation fin 2015. Avec le temps perdu, et compte tenu des procédures et recours éventuels, l'installation concrète n'est pas à espérer avant 2018.
À Bruxelles et Ixelles, les plans sont d'équiper au moins 2.500 commerces. Dans l'immédiat, 1.350 seraient intéressés : pharmaciens, libraires, bouchers, boulangers, épiciers, discounts, etc. Pour de l'ordre de 50 €/ mois (fiscalement déductibles).
Et quelle efficacité ? En 2014, aucun des commerces et magasins équipés dans les 17 communes bruxelloises n'avait été victime d'un vol à main armée, aucun sur des centaines, à l'exception d'une boulangerie.