Attentat au Musée juif: le dossier Nemmouche volé chez l'avocat Vincent Lurquin et remplacé par une batte de base-ball et une fausse kalachnikov

Les voleurs ont déposé une fausse kalachnikov sur le bureau de Me Lurquin.

J.L.

Les voleurs ont déposé une fausse kalachnikov sur le bureau de Me Lurquin.

C'est un vol pour le moins mystérieux qui s'est déroulé mardi soir au cabinet de l'avocat Vincent Lurquin qui défend une des parties civiles dans le procès Nemmouche.

Deux dossiers judiciaires au moins ont été dérobés dans son bureau situé à Berchem-Sainte-Agathe. Il y a d'abord le dossier Nemmouche. Ce n'est pas l'entièreté du dossier qui a été volé, a indiqué l'avocat. Le DVD, qui reprend l'intégralité du dossier, n'a pas été emporté. Ce sont notamment les notes prises par l'avocat qui ont été dérobées. Les voleurs se sont aussi intéressés au dossier d'Abdelkader Belliraj, un Belgo-Marocain détenu au Maroc dans le cadre d'un dossier terroriste avec d'importantes ramifications en Belgique.

Me Lurquin doit encore vérifier si d'autres dossiers ont été emportés. Il n'a pas eu l'occasion d'effectuer toutes les vérifications car la police scientifique est restée sur place jusqu'à 2 h. Le cambriolage, via un soupirail qui a été forcé, a été commis mardi soir entre 18 h 30, moment où le dernier collaborateur a quitté le bureau, et 20 h 30, heure à laquelle Me Lurquin est rentré à l'issue de l'audience d'assises de mardi.

Ce ne sont pas que ces dossiers qui ont été emportés. Les cambrioleurs ont emporté des ordinateurs et ont aussi visité l'appartement du fils de Me Lurquin, situé à l'étage. Ils y ont aussi emporté des écrans. Les malfaiteurs ont laissé sur un bureau une batte de base-ball et une réplique de kalachnikov, "comme celle qui est sur la table des pièces à conviction" de la salle de cour d'assises. "C'est extrêmement dérangeant", a réagi mercredi matin Me Lurquin, qui ne peut s'empêcher de faire un lien avec sa présence au procès Nemmouche. "Cela fait mal mais ceux qui veulent faire peur n'y arriveront pas. Il ne faudrait pas que cela pèse sur le procès, surtout sur les jurés. Il faut continuer le procès, sans haine et sans crainte", a-t-il souligné.

Me Lurquin ne veut pas se laisser impressionner par un tel fait : "Cela fait partie de la fonction d'avocat. Pour nous, c'est notre profession, mais le jury ne doit pas avoir peur", a-t-il dit.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'il reçoit dans sa carrière des menaces. Me Lurquin ne sait pas qui a pu commettre le vol. "Mais cela ne peut être le hasard. Ils ne sont pas venus par erreur", dit-il.

Le parquet fédéral a été averti mardi soir. Le procureur Bernard Michel a provoqué la tenue d'une réunion pour évoquer les mesures qui seront prises pour éviter la répétition de tels événements. "Laissons faire ceux qui doivent évaluer la menace", a-t-il dit mercredi à l'audience de la cour d'assises. Ce n'est qu'alors qu'il faudra voir si des mesures de sécurité complémentaires doivent être prises, a-t-il dit.


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