Un autre choc toxique terrifiant : "Ma femme est morte d'avoir mangé de la mayonnaise au restaurant"
Choc toxique, le récit glaçant d'Axel dont l'épouse est morte en 24 heures.
- Publié le 17-01-2020 à 08h46
- Mis à jour le 17-01-2020 à 21h39

Choc toxique, le récit glaçant d'Axel dont l'épouse est morte en 24 heures.
Le décès de Maëlle des suites d'un choc toxique lié à un tampon hygiénique a ravivé la douleur d'Axel Guillaume dont l'épouse Danièla est morte également d'un choc toxique, celui-là par contre d'origine alimentaire. "Elle est morte en 24 heures d'avoir consommé de la mayonnaise."
L'affaire, à l'époque, avait été tue. La raison est que le mari n'a connu le résultat des analyses qu'après plusieurs mois. Apprenant en début de semaine ce décès dû aussi au syndrome STC, l'Arlonnais a souhaité contacter notre journal. Comme la mère de Maëlle : "Pour que son décès puisse en empêcher d'autres",
Le témoignage d'Axel Guillaume, 47 ans, s'appuie sur les analyses bactériologiques et toxiques pratiquées au Sart-Tilman dans les services du professeur Philippe Boxho - "choc toxi-infectieux d'origine bactérienne" - et le rapport final du juge d'instruction - qui met en cause "de la mayonnaise ou autre produit à base d'œuf".
Circonstances navrantes. Le samedi 7 mars 2008, le couple fêtait, au restaurant, les 36 ans d'Axel. "Danièla pris des scampis en entrée puis une escalope à la Veneciana servie avec des frites et de la mayonnaise."
Une paire d'heures après, la jeune femme de 36 ans était victime de malaise avec vertige et se plaignait de diarrhées, de fortes douleurs abdominales.
Comme pour Maëlle, le premier diagnostic posé aux urgences était celui de la gastro-entérite. Assez vite, Danièla disait "se sentir mieux". Les médecins préférant la garder pour la nuit, son mari rassuré rentrait avec leur bébé de six mois.
Le lendemain, il téléphonait à la première heure. À 10 h, les médecins refusaient qu'il approche son épouse dont l'état "s'était aggravé" et était transférée dans le bloc opératoire. À midi, Axel apprenait que sa femme était dans le coma. À 13 h, qu'elle "était mourante". À 14 h, qu'elle était décédée.
Axel Guillaume quittait le service pour se rendre au commissariat d'Arlon et incriminer ce qu'avait servi cette pizzeria proche de la frontière luxembourgeoise. Après avoir beaucoup hésité, le procureur du Roi d'Arlon confiait l'affaire à un juge d'instruction. Celui-ci désignait les services des Drs Cauchies et Boxho.
Réponse du gérant de la pizzeria auquel le mari annonçait le décès de son épouse : "Nous sommes tous solidaires dans la douleur. Ils n'ont même pas songé à envoyer des fleurs." Comme le restaurant dispose d'une cuisine ouverte, Axel pouvait constater que la mayonnaise qu'on servait aux clients était puisée dans un seau placé près d'un radiateur.
En octobre, le juge recevait les conclusions des analyses bactériologiques et toxicologiques qu'il avait demandées à l'IML de Liège. Après avoir écarté toute autre cause, le professeur Boxho concluait à "un état de choc toxique d'origine bactérienne lié à une toxine alimentaire".
C'est ce qui allait permettre au juge - à l'époque Philippe Nazé - de rédiger ainsi le rapport final d'instruction : "Absorption, dans son dernier repas, d'aliments contenant des bactéries qui ont secrété une toxine fatale, venant probablement de la mayonnaise ou autre produit à base d'œuf ayant connu un problème de conservation."
On excluait les scampis pour désigner la mayonnaise industrielle en vrac provenant du bidon placé près du radiateur.
La pizzeria a été fermée un mois. Le mari a constaté qu'elle avait été rouverte sous le même nom, à quelques centaines de mètres.
