Soupçonné d'avoir "tuyauté" un client, l'avocat De Vlaemynck a finalement été acquitté
Il avait été soupçonné d'avoir "tuyauté" un client.

- Publié le 10-02-2021 à 20h59
- Mis à jour le 10-02-2021 à 21h00

Une telle accusation, formulée à l'encontre d'un avocat, est grave : violation du secret professionnel. Le 2 mars 2017, à 15 h 20, un homme est interpellé avec deux pacsons de cocaïne. Il tente d'avaler sa carte SIM. Ce n'est pas anodin dans un tel dossier car, en matière de stups, la police vérifie les téléphones pour remonter vers clients et fournisseurs.
Emmené au commissariat, l'homme a droit à un entretien avec son avocat avant audition. Il choisit Me De Vlaemynck qui, contacté par la police, accepte à 16 h 30 la mission. L'avocat est retardé dans les embouteillages. L'audition commencera à 18 h 50.
Mais l'enquête sur le trafic de cocaïne continue. La police perquisitionne le domicile du client où vit aussi son frère. À 17 h 50, elle demande au frère d'ouvrir son téléphone. Il accepte. Sur l'écran, une notification pour un message "Snapchat" envoyé moins d'une heure plus tôt apparaît.
Les "Snap" présentent la particularité de disparaître une fois qu'ils ont été vus. Le "Snap" a été envoyé par "Yannick Avocat". Le "Snap" tient en quelques mots : "Ton frère a été arrêté. Ils vont venir perquisitionner. Il avait deux boulettes de cocaïne. Il a essayé d'avaler sa carte SIM." Les policiers photographient l'écran avant qu'il ne disparaisse.
Me De Vlaemynck expliquera que ce message, envoyé au frère, n'avait d'autre but que de prévenir la mère - dont il n'avait pas les coordonnées - de l'arrestation d'un de ses fils et de rendre la perquisition moins choquante.
Le ministère public avait requis trois mois de prison avec sursis. La défense avait plaidé l'acquittement, faisant valoir que le "Snap" n'ayant pas été lu par son destinataire, il n'y avait pas eu révélation et donc il n'y avait pas eu violation du secret professionnel.
C'est cette lecture de la défense qu'a retenue le tribunal. Me De Vlaemynck a été acquitté.