Passé 300 km/h, nos radars déraillent !
Ils ne peuvent pas mesurer une vitesse supérieure. À Liège, un cas fait débat.
- Publié le 15-01-2022 à 09h21
- Mis à jour le 15-01-2022 à 09h24

Il y a deux mois, lors d'un contrôle de vitesse effectué par la police à Liège, un radar NK7 a flashé une voiture à 306 km/h. Il avait été conclu à l'époque que le conducteur ne pourrait pas être poursuivi. Que la vitesse mesurée ne serait pas juridiquement acceptable. Simplement parce que ce qu'un radar de ce type n'est homologué que pour mesurer des vitesses inférieures à 300 km/h, selon un arrêté royal qui ne prévoit étonnamment pas que l'on puisse aller au-delà. Cette omission volontaire serait, notamment, liée à une question de fiabilité. Plus la vitesse autorisée est dépassée, plus la marge d'erreur est grande.
En fait, en Belgique, il y a quatre types de radars. De classe A qui mesurent les vitesses de 30 km/h à 150 km/h, de classe B qui mesurent de 30 km/h à 199 km/h, de classe C qui relèvent les vitesses de 30 km/h à 250 km/h et enfin de classe D de 30 km/h à 300 km/h. Et le radar NK7 de Liège est bien de classe D.
Dès lors, un conseil, peut-être ? Quitte à faire un excès de vitesse autant le faire à fond ? Non, bien sûr ! En fait, selon la ministre de l'Intérieure, Annelies Verlinden, interrogée à ce sujet à la Chambre, le radar doit être programmé par les constructeurs afin de déclarer lorsque la vitesse est supérieure à la plage de mesure du radar, elle aussi programmée par le constructeur. Nul besoin que la vitesse soit précisée. "Une amende peut alors être infligée. Un procès-verbal peut être établi. La condition est qu'une photo soit prise du véhicule afin que le contrevenant puisse être identifié."
Et, quand bien même, c'est aussi là que ça bloque. Prenons le cas de Liège : le radar n'a pu prendre de photo de ce véhicule dépassant ces 300 km/h. La police ne dispose donc d'aucune information sur le véhicule, ni le type, ni la plaque d'immatriculation. Bien dommage, car, selon la ministre, "ce procès-verbal permet au juge de prononcer une condamnation, telle qu'une amende ou une interdiction de conduire."