Un ex-professeur de gym poursuivi pour des atteintes à l'intégrité sexuelle de ces élèves de primaire à Ixelles
Courant 2019, plusieurs élèves de primaire se sont plaints du comportement de leur professeur de gym officiant dans un établissement situé à Ixelles. Il est notamment question de "mains baladeuses". Il encourt trois ans de prison.

- Publié le 12-09-2024 à 08h41
- Mis à jour le 12-09-2024 à 16h47

L'ex-professeur de gym d'une école fondamentale située à Ixelles s'avance, penaud et visiblement intimidé, vers les trois juges de la 54e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles, spécialisée dans les affaires dites de "mœurs". Le prévenu, défendu par Me Mohamed Chaaban, conteste les préventions retenues à sa charge, à savoir plusieurs atteintes à l'intégrité sexuelle de ses élèves âgés de 6 à 11 ans, entre 2018 et 2019.
Il est question de mains qui se seraient glissées sous les vêtements d'à tout le moins trois enfants, lors d'un cours orienté cirque ou pendant que les enfants se changeaient derrière le rideau d'une estrade qui faisait office de vestiaire. L'ex-professeur était grivois avec eux, n'hésitant pas à parler de "saucisses" pour évoquer le sexe des garçons, il en prenait d'autres sur ces genoux et les forcer à faire un câlin, selon certains témoignages. Tous n'ont pas été retenus par le substitut du procureur du Roi aux réquisitions ce mardi.
"Pour les exercices d'équilibre sur la boule, c'était plus sécurisant de la tenir par les cuisses", explique-t-il au sujet d'un des témoignages. "La jeune fille parle d'une main au niveau de l'entrejambe, ce n'est pas tout à fait la même chose", lui rappelle le président de la chambre. L'ancien enseignant conteste une nouvelle fois avoir touché avec "une intention sexuelle" un de ses élèves sur cette période tout en reconnaissant avoir eu une trop grande proximité avec eux. Le prévenu a eu une réaction mensongère à la question des actes posés lors de son passage au polygraphe mais la 54e chambre s'accorde à dire que la question des enquêteurs était mal formulée.
Le "pervers"
Le fait est que le prévenu était surnommé le "pervers" et le "pédophile" par les élèves de cinquième primaire dans la cour de récréation.
Pour la toge noire du parquet de Bruxelles, il y a du crédit à apporter à tout le moins trois témoignages d'enfants pour fonder sa culpabilité et aussi à certaines déclarations du suspect aux experts psychiatres qui l'ont entendu. "Certes ils concluent à une absence de paraphilie mais certaines phrases de Monsieur m'interpellent. Notamment le fait qu'il considère les enfants et les adultes sur un pied d'égalité", soulève le magistrat debout. "Monsieur doit bien comprendre que les faits sont graves même s'il n'est pas question de viol ici. Je requiers trois ans de prison, je ne suis pas opposé à un sursis probatoire", conclut-il.
Me Chaaban plaide, lui, l'acquittement en évoquant, entre autres, la création "d'un imaginaire collectif". Le jugement sera rendu d'ici trois semaines.