Marine Le Pen joue son éligibilité devant la cour d'appel de Paris : "on avait le sentiment de n'avoir commis aucun délit", déclare-t-elle
Le procès en appel de l'ex-présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen et de plusieurs cadres du parti d'extrême-droite s'est ouvert ce mardi à Paris. Elle joue sa participation à la présidentielle française de 2027.

- Publié le 13-01-2026 à 15h25
- Mis à jour le 13-01-2026 à 18h02

L'ex-dirigeante du Rassemblement National (RN) Marine Le Pen est arrivée discrètement et a esquivé les questions des journalistes sur l'île de la Cité à Paris ce mardi après-midi, où s'ouvre le procès en appel dit "des assistants parlementaires".
L'ex-chef de parti y joue sa place dans la course à l'élection présidentielle de 2027, puisqu'elle a entre autres été déclarée inéligible en première instance pour une durée de cinq ans.
La triple candidate malheureuse à la course à l'Elysée et une dizaine de cadres du parti d'extrême-droite ont en effet été condamnés pour détournement de fonds public entre 2004 et 2016. En l'espèce, il s'agit d'enveloppes destinées aux eurodéputés du Parlement européen devant normalement servir à rémunérer leurs assistants dans le cadre de leurs activités à Bruxelles et Strasbourg.
Auditionnée le 20 janvier
La cour d'appel de Paris, qui siège au cœur de la capitale française, a débuté ce procès par un rappel des faits et du précédent jugement de mars 2025 qui condamna Marine Le Pen à quatre ans de prison avec sursis dont deux fermes, une amende de 100 000 euros et inéligibilité pendant cinq ans. La cheffe de file des députés RN à l'Assemblée nationale sera entendue par les magistrats de céans les 20 et 21 janvier prochains, avec sa double casquette de député et de représentante du RN, le parti étant lui-même poursuivi.
"J'espère pouvoir être entendue par la cour d'appel. Je suis dans un état d'esprit d'espérance, en quelque sorte", a-t-elle déclaré le matin même à l'Assemblée nationale.
Dix autres cadres du parti d'extrême-droite seront également entendus dans les prochains jours, dont l'ex-trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just. Considéré comme la cheville ouvrière du système RN au Parlement européen bien qu'il fut basé à Nanterre à l'époque, le sexagénaire a fait le choix d'un avocat belge du barreau de Bruxelles pour assurer sa défense, Me Henri Laquay.

En fin de journée, Marine Le Pen s'est exprimée à la barre. "Je veux qu'on sache qu'on avait le sentiment de n'avoir commis aucun délit quand en 2004, puis en 2009, puis en 2014, nous avons embauché des assistants, nous avons mutualisé ces assistants", a-t-elle déclaré en ajoutant que "le Parlement européen n'a pas joué son rôle d'alerte tel qu'il aurait dû le jouer", relatent nos confrères de BFM sur place.