Le prof d'éducation physique viré pour s'être enquillé quelques "pils" entre midi et deux dans le Hainaut: le Conseil d'État suspend la décision
En décembre dernier, un professeur d'éducation physique d'un athénée situé dans le Hainaut s'est vu infliger une démission d'office, pour avoir consommé de l'alcool avant les cours et pour s'en être pris à un élève.

- Publié le 02-06-2026 à 09h17

Tout démarre le 17 janvier 2025, lorsque le professeur d'éducation physique d'un athénée du Hainaut s'en prend violemment à un élève. L'enseignant en poste depuis 2005, l'a fait basculer de sa chaise provoquant ainsi la chute du mineur, dont la tête a heurté le sol. Ce dernier a été remis sur pied tout aussi violemment quand son professeur l'a agrippé par le col et traîné jusqu'à la porte pour le mettre à l'extérieur.
La violence des faits survenus au matin est telle que les élèves ont prévenu le jour même la direction, qui a convoqué le professeur l'après-midi afin d'être entendu. L'homme a reconnu traverser une période difficile et qu'il n'avait pas su gérer la situation suite à l'échange houleux qu'il a eu avec l'élève concerné.
Le fait est qu'à la suite de ces événements, l'enseignant se serait présenté sous l'influence de l'alcool à plusieurs reprises. Il a par ailleurs reconnu consommer des bières légères styles "pils" sur sa pause midi et en dehors de l'établissement. Que cela lui était arrivé à plusieurs reprises, notamment une bière avant son audition du 17 janvier, mais qu'il ne voyait pas le problème dès lors où du vin était servi à la cantine de l'équipe pédagogique.
L'établissement ne l'a pas contredit sur ce dernier point lors de la procédure disciplinaire qui a abouti à la démission disciplinaire de l'intéressé en décembre dernier.
Un danger supposé
La direction de l'athénée estimait en effet que sa consommation d'alcool pouvait entraîner un danger dans l'encadrement des élèves et nuire à la qualité de l'enseignement donné, en témoignait son comportement du 17 janvier 2025. Or celui-ci indiquait avoir consommé sa "pils" avant l'audition mais pas le matin de l'incident.
Le fait est que le Conseil d'État a décidé de suspendre cette décision le 28 avril dernier. Malgré les aveux du professeur, aucun élève auditionné n'a fait mention d'une imprégnation alcoolique excessive dans son chef et que la direction elle-même mentionnait que cela n'impactait pas son travail, avant de se contredire plus loin dans la motivation des griefs retenus à l'encontre du professeur.
Cette apparente contradiction est, à elle seule, suffisante pour suspendre la décision, a estimé le Conseil d'État. Quant à l'annulation de celle-ci, cela doit faire l'objet d'un second recours devant l'instance, qui analysera l'ensemble des griefs contre le professeur d'éducation physique.