Carine est victime de cyberharcèlement de la part d'influenceurs de Bruxelles via des vidéos générées par l'IA : "Je ne sais plus quoi faire"
Une Bruxelloise de 34 ans est victime de cyberharcèlement depuis trois ans. Une trentaine de plaintes ont été déposées contre deux influenceurs de la capitale, déjà connus de la justice.

- Publié le 11-09-2026 à 13h35
- Mis à jour le 12-09-2026 à 17h35

L'enfer de Carine (prénom d'emprunt) dure déjà depuis trois ans. La jeune femme est victime de cyberharcèlement via les réseaux sociaux de la part de deux "influenceurs" relativement connus à Bruxelles, mais aussi des services de police. Une troisième "influenceuse" s'est jointe au duo plus récemment "alors que je ne la connais même pas", souffle Carine.
La Bruxelloise apparaît dans des montages vidéos générés grâce à l'intelligence artificielle qui sont ensuite diffusés sur les réseaux sociaux, depuis un mois environ. Des vidéos à caractère sexuel ou la faisant passer pour une sympathisante de l'État islamique notamment. La jeune femme est également la cible récurrente d'insultes et de menaces sur lesdits réseaux sociaux.
L'adresse du domicile de Carine, comme celle de son travail ont également été diffusées. "Des gens viennent sonner chez moi au beau milieu de la nuit. Il y a en a un qui a défoncé ma porte. J'ai déposé plusieurs plaintes mais rien n'avance", nous explique-t-elle. En l'espèce, 29 plaintes ont déjà été déposées contre les deux influenceurs, dont elle préfère taire le nom pour l'instant, de peur de représailles.
"J'étais en couple avec l'un d'eux, il y a trois ans mais quand j'ai voulu mettre fin à la relation, il a commencé à me faire du chantage, à m'afficher sur les réseaux sociaux. Je ne veux pas qu'il aille en prison, je veux juste qu'il me laisse tranquille", poursuit Carine. "Cela fait trois ans et demi que je ne travaille plus. L'idée d'attenter à mes jours m'a traversé l'esprit, heureusement je suis croyante et je parle beaucoup avec mon psy", poursuit la trentenaire. "C'est très dur à vivre au quotidien, c'est très dur d'en parler, je suis à en colère, triste, je suis complètement à bout", s'émeut-elle.
Déjà connus de la justice
Carine s'est constituée partie civile. "Je me pète la tête, je ne sais plus quoi faire, j'ai besoin d'être entendue. Je me sens violée dans mon intimité. Ma vie a complètement basculé il y a trois ans. Je ne sortais plus, c'était impossible de décrocher le téléphone, j'ai perdu du poids, j'ai attrapé une bactérie qui m'a ravagé l'estomac tellement j'étais stressée à l'époque", détaille-t-elle.
La Bruxelloise est également présente sur les réseaux sociaux "je fais du contenu mais je ne suis pas une influenceuse. Mon public envoie de l'argent pour la Palestine ou la Tanzanie. Mes réseaux sont là pour faire du bien. Je pourrais vivre en dehors des réseaux mais ça n'empêcherait pas qu'on parle de moi ou qu'on diffuse ces vidéos", estime Carine.
La mère de cette dernière ferait également les frais de ce cyberharcèlement au point qu'elle a dû déménager de la capitale. Les deux influenceurs en question sont déjà connus de la justice et ont déjà écopé de peines de prison, dont une de six ans ferme pour l'un d'eux. Celui-ci avait appelé sa communauté à incendier l'habitation d'une influenceuse rivale.