La crise en Crimée en 7 questions

Pourquoi Moscou intervient et se sent suffisamment couvert pour le faire.

H. Le.
La crise en Crimée en 7 questions
©AFP

Depuis vendredi, le bruit des bottes couvre les autres sons venus d'Ukraine. Moscou est intervenu en Crimée et n'entend pas céder une once de ce qu'il considère comme sa sphère d'influence à quiconque. Sept questions pour comprendre la crise…

1. Pourquoi Moscou est-il intervenu en Crimée ?

Poutine a besoin de sa base maritime de Sébastopol. Il doit aussi montrer qu'il demeure au côté de son peuple même en dehors des frontières de la Russie.

2. Une "vraie" intervention militaire russe en Crimée et au-delà, en Ukraine, est-elle envisageable ?

Peu probable. Le vote de l'autorisation d'une intervention militaire russe par le Parlement fait partie d'une phase stratégique. Poutine peut même apparaître désormais comme plus conciliant que son Parlement. Le déploiement militaire est suffisamment mesuré pour montrer qu'il ne s'agit pas d'une annexion mais d'une réponse à un appel d'une population majoritairement russe. Les traités existants entre l'Ukraine et la Russie sur le partage des installations de Crimée sèment encore plus de flou.

3. L'Ukraine peut-elle faire face en Crimée ?

Non. Les Russes sont mieux préparés, mieux équipés et plus nombreux.

4. Les Occidentaux peuvent-ils intervenir militairement ?

Non. Ils ne connaissent pas le terrain et ne veulent surtout pas d'une escalade militaire avec la Russie.

5. Une partition de l'Ukraine est-elle envisageable ?

Oui. Du moins la mise en place d'un État fédéral avec une autonomie encore à définir.

6. Que cherche Poutine ?

À garder un pied dans la porte de l'Ukraine. Créer des conflits gelés comme il l'a fait en Géorgie ou, précédemment, en Moldavie. La Russie, en divisant ces États, s'assure de les conserver dans sa sphère d'influence et de leur interdire de rejoindre l'UE qui n'accepte pas des États qui vivent des conflits internes.

Comment sortir de cette crise ?

Moscou ne voudra pas d'une ingérence extérieure. La négociation se fera avec Kiev… Une belle carte à jouer pour Ioulia Timochenko, bien acceptée par Moscou.

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