Prise d'otages à Porte de Vincennes: la maman belge et son bébé s'étaient cachés dans la chambre froide

L'otage belge, Sarah Bitton, et son bébé de onze mois "vont très bien", selon une source policière française interrogée tard hier soir par la DH.

Julien Balboni envoyé spécial à Porte de Vincennes, avec AFP

L'otage belge, Sarah Bitton, et son bébé de onze mois "vont très bien", selon une source policière française interrogée tard hier soir par la DH.

Hospitalisés d'urgence hier dans un hôpital parisien, la mère et son enfant "s'étaient cachés dans la chambre froide" de l'Hypercasher où a eu lieu la prise d'otage. "La mère était contente, soulagée, et s'est assise à l'avant du véhicule du Samu qui les a mené à l'hôpital", poursuit la source. Les médecins craignaient que son bébé ne soit en hypothermie après son passage dans la chambre froide.

Mais la température de l'enfant était "de 37°", et ses "joues étaient bien roses". Sarah Biron et son enfant pourront retrouver leur famille dès demain.

17h13, l'assaut est donné

Il est près de 14 h et la prise d'otages a débuté depuis une trentaine de minutes. La place de la Nation, dans le sud-est de la capitale française, est cernée de policiers.

À deux pas de la bouche de métro, les ambulanciers prennent en charge un homme visiblement grièvement blessé. Il s'agit du gérant de la grande surface Hypercasher. Quelque temps plus tôt, il avait été touché par deux projectiles tirés par les preneurs d'otages.  "Il a pris deux balles, au bras et à l'abdomen. On partait pour intervenir sur la prise d'otages de Dammartin-en-Goële quand on l'a croisé. On l'a pris en charge devant un bar du cours de Vincennes. Il nous a juste dit  merci  et  j'espère qu'il n'y a pas d'autres blessés", nous raconte un policier témoin de la scène.

Ce sont ces mêmes agents qui ont prévenu l'état-major de la police nationale. Après vérification, cela ne fait plus de doute : il y aura une autre prise d'otages, simultanément à celle de l'imprimerie de Seine-et-Marne.

Dès lors, c'est une mobilisation impressionnante des forces de l'ordre. Aux premières loges, la BRI (Brigade de recherches et d'intervention) et le GIGN (Groupement d'intervention de la gendarmerie nationale).

Derrière, des dizaines de fourgons de CRS. Prêts à maintenir l'immense périmètre de sécurité en place. Dans le ciel, un ballet d'hélicoptères. Tout autour, des véhicules de la Sécurité civile, des pompiers, des ambulances, les services d'urgence. Un dispositif titanesque. Indispensable, car les otages sont nombreux, près d'une vingtaine. Et les preneurs d'otages, déterminés.

Surtout Amedy Coulibaly, 32 ans. Déjà auteur du meurtre d'une policière municipale, avant-hier à Montrouge, l'homme semble prêt au pire. On ne le saura que plus tard, mais, dès leur arrivée, les terroristes armés de kalachnikovs ont abattu au moins deux personnes de cette surface moyenne fréquentée par la communauté juive.

Derrière le périmètre de sécurité, à près de 500 mètres du numéro 23 de la porte de Vincennes où se jouent des vies, un homme offre son témoignage. Il s'appelle Jean-Marc, et la nièce de son associé fait partie des otages.  "Mon partenaire m'a prévenu. Sa nièce a une vingtaine d'années, elle l'a appelé sur son téléphone depuis la cave de l'Hypercasher. Elle était terrorisée",  soupire ce quadragénaire qui voit là un nouvel attentat antisémite.  "Ça finit toujours par nous retomber dessus, nous les juifs. Ces types-là, il ne faut pas leur permettre de rentrer du jihad. "

Il est 17 h 13. Alors que tout semble s'être calmé depuis une bonne heure, une déflagration retentit. Puis une deuxième et une série de rafales.  "Ça a tiré fort. Les policiers avaient éteint l'éclairage public du quartier Saint-Mandé, à côté. Ils attendaient l'obscurité pour intervenir" , observe Valérie, voisine du magasin et témoin de la scène. Tout se passe en quelques minutes. Le bilan est effroyable. Ademy Coulibaly a été abattu. Quatre otages ont été tués. Plusieurs personnes sont dans un état grave. Une quinzaine d'otages ont été libérés. Paris a payé une nouvelle fois au prix fort la monnaie de la radicalisation de ses propres enfants.

Revivez le minute par minute

20h00: le président français François Hollande a confirmé le bilan de quatre otages morts à la porte de Vincennes à Paris.

19h28: Hayat Boumedienne , la compagne d'Amédy Coulibaly, reste introuvable. La jeune femme serait en fuite.

19h22: le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve n'a pas donné de bilan officiel, ne précisant pas non plus combien d'otages étaient présents dans l'épicerie . "I l y a des enquêtes en cours, des éléments qui sont en train d'être précisés" , a-t-il expliqué.

18h16: Trois otages étaient déjà morts avant l'assaut des forces de l'ordre. Ils ont été exécutés par Amédy Coulibaly. L'AFP, citant une source sécuritaire, annonce que quatre blessés se trouvent également dans un état très grave.

Prise d'otages à Porte de Vincennes: la maman belge et son bébé s'étaient cachés dans la chambre froide
©Infographie DH

18h03: Plusieurs sources le confirment: Quatre morts sont à dénombrer parmi les otages. Reste à déterminer s'ils ont été tués pendant l'assaut ou s'ils l'avaient été avant. Les autopsies et la balistique permettront de déterminer s'ils ont été touchés par des armes de l'assaillant ou des forces spéciales.

17h57: Le syndicat policier annonce au moins quatre otages morts dans l'assaut ! Information à confirmer...

17h35: selon certains médias, il y avait un second preneur d'otages dans le supermarché. Il aurait été blessé et arrêté.

17h31: d'après les premières informations il y aurait un blessé du côté des policiers . Un otage aurait également été emmené en ambulance.

17h25: selon des sources policières, le preneur d'otages a été abattu.

17h10: 4 explosions ont retenti devant le supermarché Porte de Vincennes. La police a pénétré dans l'établissement. Des otages ont été libérés.

16h24: Notre photographe présent à Porte de Vincennes a pu prendre ce cliché d'un blessé emmené en ambulance.

Prise d'otages à Porte de Vincennes: la maman belge et son bébé s'étaient cachés dans la chambre froide
©JC Guillaume



16h10: C'est une scène étonnante racontée à la DH et à nos envoyés spéciaux à Vincennes, sous couvert d'anonymat. Vers 13h, des motards de la police circulent sur le cours de Vincennes, dans le XIIe arrondissement de Paris, tout près de la porte de Vincennes. Ils étaient en route pour la prise d'otage de Dammartin quand ils voient un homme au sol . "C'était le gérant de l'hypercasher. Il a pris deux balles, au bras et à l'abdomen. On l'a pris en charge devant un bar du cours de Vincennes. Il nous a juste dit 'merci' et 'j'espère qu'il n'y a pas d'autres blessés" , poursuit la source. "Il s'était échappé et a pris des balles." C'était le premier fait qui a alerté les autorités sur la prise d'otages, toujours en cours au 23, porte de Vincennes, à Paris.

16h04: Le Figaro et LCI annoncent que le preneur d'otages de Vincennes n'hésitera pas à tuer ses otages (dont un enfant en bas âge) si le GIGN donne l'assaut à Dammartin , où sont retranchés les frères Kouachi.

15h28: La préfecture de police de Paris dément qu'il y ait eu des victimes lors de la prise d'otages en cours vendredi dans un supermarché juif de la porte de Vincennes.

15h25: Selon LCI , les négociations auraient débuté entre les forces de l'ordre et le preneur d'otage à Vincennes. Celui-ci exigerait que l'étau se désserre autour des frères Kouachi à Dammartin-en-Goële. "Sinon, je tue les otages", aurait-il déclaré ! De quoi confirmer l'hypothèse selon laquelle les attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et désormais de Vincennes sont tous liés.

15h16:
Europe 1 publie la vidéo de l'arrestation d'un homme à proximité de l'épicerie où a lieu actuellement la prise d'otages à Vincennes . "On ne sait pas pour le moment s'i s'agit d'un preneur d'otage, d'un passant ou encore d'un employé du magasin où a lieu l'attaque" , indique la radio.

15h07: Mais qui sont vraiment Hayat Boumeddiene et Amedy Coulibaly ? Ils auraient semé le chaos dans le sud-est de Paris, lors de la fusillade à Montrouge, dont ils sont fortement suspectés d'être les auteurs. Mais on sait peu de choses de ces deux personnes. Plus d'informations ici .

14h50: Ecoutez le témoignage de notre envoyé spécial à Paris, Julien Balboni .

14h30: Deux personnes, susceptibles d'être armées et dangereuses, sont activement recherchées dans le cadre de l'enquête sur la fusillade survenue jeudi matin à Montrouge et dans laquelle une policière de 26 ans a été tuée, a annoncé vendredi la préfecture de police de Paris. Leurs portraits ont été diffusés. Les deux suspects sont Hayat Boumeddiene, une femme née en 1988, et Amedy Coulibaly, un homme né en 1982. Ils sont recherchés dans le cadre de l'enquête sur "l'homicide volontaire en relation avec une entreprise terroriste" commis jeudi à Montrouge.

Prise d'otages à Porte de Vincennes: la maman belge et son bébé s'étaient cachés dans la chambre froide
©Infographie DH

14h15: Un blessé dans un état grave inconscient a été évacué par les services de secours sur la place de la Nation. Quand le blessé a été pris en charge, un ami choqué de la victime a fondu en larmes et a été pris en charge également. Il y a des dizaines de camions et un hélicoptère de la sécurité civile. Il y a également un gros déploiement et un nombre très important de policiers qui sont déjà présents, proche des 200 hommes sans doute. A quelques mètres de notre journaliste, des vingtaines de CRS casqués attendent du côté de la cours de Vincennes. Un peu plus loin, une quinzaine de véhicules de pompiers sont prêts à intervenir.

13h50: L'auteur des faits pourrait être le tireur de Montrouge. Son signalement correspond en tout cas, selon un membre du syndicat SGP police interrogé par LCI. Il serait armé de deux pistolets mitrailleurs et aurait fait deux blessés à l'intérieur de l'établissement. Le ou les auteur(s) de cette nouvelles prise d'otages et de la fusillade de Montrouge pourrai(en)t être en lien avec les frères Kouachi, actuellement retranchés à Dammartin-en-Goële, à seulement 40 kilomètres de la Porte de Vincennes ( plus d'informations ici ) . Cette nouvelle prise d'otage intervient alors que la communauté juive, très présente dans les supermarchés Cacher, s'apprête à fêter Sabbat comme chaque vendredi soir. Les élèves sont confinés dans les écoles proches de la prise d'otages en cours, ont informé les autorités.

13h40: D'après un témoin interrogé par iTélé, une centaine de policiers sont présents sur les lieux et une scène de tirs s'est produite pendant 20 secondes.

13h30: Une fusillade s'est produite dans un supermarché Cacher de Paris, située à proximité de la Porte de Vincennes. Un homme armé a également pris des otages, selon une source proche du dossier citée par l'AFP.


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