Orphelin, étudiant, octogénaires: ces vies affectées par le décret anti-immigation de Trump

Voici six histoires qui montrent le destin de ces hommes et femmes touchés par le décret.

Jacques Besnard

En paraphant le décret anti-immigration qui interdit l'entrée à tous les réfugiés, quelle que soit leur origine, pendant 120 jours (sans délai pour les réfugiés syriens) et interdisant pendant 90 jours toute entrée sur le territoire américain aux ressortissants de sept pays (Irak, Soudan, Somalie, Yémen, Syrie, Libye, Iran), Donald Trump influe sur la vie de milliers de personnes. Voici six histoires qui montrent le destin de ces hommes et femmes touchés par le décret.

Sardar Hussain, 16 ans, orphelin

Orphelin, étudiant, octogénaires: ces vies affectées par le décret anti-immigation de Trump
©PRINT SCREEN NEW YORK TIMES

Croisé par le New York Times devant le bureau aux réfugiés des Nations Unies à Djakarta (Indonésie), Sardar Hussain refuse d'y croire. Après avoir attendu pendant deux ans, il explique au quotidien américain qu'il allait pouvoir prendre un vol ce lundi pour les Etats-Unis. Le décret signé par Trump change évidemment la donne. A 16 ans, il est dans le flou total. Il y a trois ans, il explique que son père, sa mère et sa jeune soeur ont été tués par un attentat perpétré par les Talibans. Après avoir payé 7.000 dollars pour passer en Australie, il a été abandonné en route à Java. Pendant sept semaines, il a dormi dans la rue devant le bureau de l'ONU.

Sahar Algonaimi allait voir sa mère malade

Sahar Algonaimi, professeur de primaire syrienne, avait prévu de voyager aux Etats-Unis durant une semaine. Le temps d'accompagner sa mère malade et âgée de 76 ans qui allait être opérée. Après avoir quitté l'Arabie Saoudite vendredi, elle est arrivée à l'aéroport de Chicago où on lui a refusé l'entrée sur le sol américain.

"Je ne peux pas décrire ce que je ressens. Le mépris pour l'humanité. Je suis là pour rendre visite à ma mère malade. Il n'y avait pas de bonnes raisons pour ne pas me laisser rentrer. J'ai un sentiment de désespoir total."

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©PRINT SCREEN NEW YORK TIMES

Ses petites nièces qui étaient censées la chercher n'ont donc pas pu la récupérer. Elle a enregistré ce message pour montrer son indignation.

Un papy et une mamie de 83 et 88 ans

Les Iraniens ont été aussi concernés par ce décret. Ce qui a valu à un couple d'Iraniens titulaire d'une green card, d'être interrogés pendant plusieurs heures à l'aéroport international de Washington selon une journaliste du Daily Beast. Leur âge? 88 et 83 ans...

Un couple irakien qui avait vendu sa maison

Vous imaginez être sur le point de changer de vie pour commencer un nouveau départ et voir vos projets tomber à l'eau à la dernière minute ? C'est ce qui est arrivé à Fouad Charef, son épouse et à ses deux enfants. Alors qu'ils devaient s'installer dans le Tennessee après avoir obtenu un visa, ce couple irakien n'a pas pu embarquer à bord de leur vol d'Egyptair. Bloqués au Caire, ils sont obligés de retourner au Kurdistan irakien. "J'ai vendu ma maison, ma voiture, mes meubles. Ma femme et moi avons quitté nos emplois" , a-t-il raconté à l'AFP. "Donald Trump a ruiné ma vie."

Hassan, 18 ans, accepté au prestigieux MIT

De nombreux jeunes étudiants ont également vu leur rêve d'étudier dans de prestigieuses universités américaines s'envoler. Parmi eux, Hassan, 18 ans. Ce jeune homme avait obtenu une bourse pour étudier en 2021 au sein du prestigieux MIT (Massachusetts Institute of Technology).

Originaire de Damas, il ne peut désormais plus y aller et ne sait pas vraiment comment il va se débrouiller. ..

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©PRINT SCREEN CNN

Une petite fille de 12 ans partie rejoindre ses parents

Jeudi dernier, Ahmed Mohammad Ahmed Ali, était aux anges. Sa petite fille de 12 ans venait de recevoir un visa pour le rejoindre, lui, son épouse et ses deux autres filles aux Etats-Unis. Né au Yemen, il vit là-bas depuis 2004 et est citoyen américain depuis 2010. Sa petite fille vit quant à elle chez ses parents au Yémen. La petite n'a pas obtenu la citoyenneté américaine automatiquement dans la mesure où sa mère ne vivait pas aux USA depuis au moins cinq ans au moment de sa naissance.

Comme le consulat américain a fermé en 2015, la fille d'Ali a dû se rendre à Djibouti où avec son père, elle pensait embarquer à bord d'un vol d'Ethiopian Airlines. Contacté par téléphone par Slate.com, Ali a expliqué qu'ils étaient à 6 heures du bonheur jusqu'à ce que "tout disparaisse". La famille est donc, une nouvelle fois, coupée en deux.

Pendant que des milliers d'Américains protestaient contre ce décret, Donald Trump, lui, a choisi de projeter Le Monde de Dory à la Maison-Blanche. L'intrigue de ce film est on ne peut plus ironique. Un poisson traverse l'océan afin de retrouver ses parents...

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