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L'ambassadeur américain en poste à Bruxelles nie les accusations de prostitution de mineures


BRUXELLES L'ambassadeur américain en poste à Bruxelles, Howard Gutman, serait impliqué dans un scandale sexuel. C'est ce qui ressort d'un rapport d'enquête mené au sein du Département d'Etat américain et relayé par le New York Post, notamment. Une ancienne enquêtrice attachée à cette administration, Aurelia Fedenisn, accuse l'administration d'avoir voulu couvrir un certain nombre d'affaires, dont celle impliquant de prétendus vices sexuels du représentant américain pour la Belgique.

Retraitée depuis peu, Aurelia Fedenisn a transmis une version préalable du rapport, dont la version finale a été publiée le 15 mars dernier. Selon des notes apparemment volontairement ommises dans la version finale: "L’agent chargé de l’enquête a démontré que l’ambassadeur abandonnait systématiquement son détachement de sécurité afin de solliciter les faveux sexuelles de prostituées et de mineurs d’âge". Une autre note prétend qu’un responsable du Département d’État aurait ordonné à l'agent d’abandonner ses investigations et de retourner aux Etats-Unis.

L'ambassadeur a réagi à ces accusations par communiqué: "Je suis en colère et attristé par les allégations sans fondement qui sont apparues dans la presse et je suis anéanti de voir ces quatre années durant lesquelles j’ai eu l’honneur de servir en Belgique salies d’une telle façon. J’habite à côté d’un joli parc de Bruxelles que les gens traversent pour se rendre en de nombreux endroits et je ne me suis au grand jamais engagé dans des activités déplacées".

Howard Gutman n'est pas le seul à être incriminé par ces terribles insinuations. Une petite dizaine d’autres affaires, toutes prétendues, fait l’objet de mêmes supputations. Au point qu’un extrait qualifie “d’endémique” le recours à des prostituées par le personnel diplomatique américain, qui était alors dirigé par Hillary Clinton. Par le biais de son avocat, la source de cette fuite va plus loin et reproche à l'administration de faire pression sur le service d'enquête, ce qui jette une ombre sur son indépendance. En principe, il est chargé de la protection du personnel diplomatique américain à l'étranger.

De telles enquêtes sont menées afin de mettre en évidence d'éventuelles brêches dans la sécurité, par exemple dans le cas où un diplomate subirait des pressions sur base d'informations compromettantes. Qui dans le cas présent auraient également pu jeter le discrédit sur le Département d'Etat, pour autant que les allégations soient fondées. Entre autres personnalités visées, le rapport mentionne Brett McGurk, qui était pressenti pour devenir ambassadeur en Irak. Ce proche d'Obama n'a toutefois jamais été nommé. Il avait à l'époque été accusé d'entretenir une relation extra-conjugale … également mentionnée dans le document révélé hier, selon lequel Hillary Clinton aurait directement interféré pour protéger Brett McGurk.

© La Dernière Heure 2013