Elite Beat Agents , surprise de l'été
- Publié le 24-07-2007 à 08h30
Jeu culte au Japon, il arrive chez nous sur DS dans une version occidentalisée : c'est parti pour le jeu rythmique de l'été
BRUXELLES Est-ce un hasard ? Toujours est-il que depuis que Guitar Hero I et II ont cassé la baraque, une kyrielle de jeux musicaux basés sur des actions contextuelles (synchroniser les touches, le stylet ou même les pieds avec des signaux qui apparaissent à l'écran) prenne le pas. Nous avions évoqué la finale belge de Dance Dance Revolution la semaine dernière et on attend pour la rentrée Jam Session sur DS (accompagner une chanson ou composer la sienne à coups d'accords) mais surtout deux Guitar Hero (Rockin'the Eighties et Guitar Hero III ) et Rock Band , lequel sera fourni avec trois instruments et un micro (commencez à épargner, car ce ne sera pas donné).
C'est dans ce contexte favorable que nous arrive, sur DS, Elite Beat Agents .
Drôles de Messieurs
Un ex-agent de la CIA scanne le monde à la recherche de personnes dans le besoin et envoie ses trois meilleurs sbires (dans la version japonaise, ce sont des fans) pour arranger les bidons. Avec armes, gadgets et munitions ? Que nenni. Leur look en fait des Men in Black et leur attitude, un boys band. Car pour créer de bonnes vibrations et encourager les victimes à lutter, ils dansent. Fou et surréaliste ? Affirmatif, mon commandant. Mais on marche, on court même, heureusement surpris par la qualité de la réalisation, des couleurs flashs et du contenu kitsch des missions. Exemples : arrêter le martyre que fait subir un bébé à sa babysitter ou aider Leonard de Vinci à draguer la Joconde. Ces contenus auraient été ridicules s'ils n'avaient été narrés avec style sur l'écran supérieur de la DS. Dynamiques, tout en français, ils se dévoilent sous forme de BD, case par case, accompagnés d'excellents bruitages et de quelques animations.
Les missions s'effectuent en différents coins du globe, la fin réunissant tous les persos dans un récit où il s'agit de neutraliser des extraterrestres venus bannir toute forme de musique.
La police adoucit les moeurs
L'écran inférieur - celui qui est tactile - voit nos trois castards se dandiner sur des chansons anglo-américaines couvrant différents genres et tempos. Ce qui nous donne une tracklist qui se débloque, plage par plage, et composée d'adaptations fort honorables d'une vingtaine de succès de Madonna (Material Girl ), Freddie Mercury (I Was Born To Love You ) Deep Purple (Highway Star ), Bowie (Let's Dance ), Village People (YMCA ), Earth Wind and Fire (September ), Brian Setzer (Rock This Town dans sa version Big Band), Cher (Believe ) et, pour conclure, les Rolling Stones (Jumpin'Jack Flash ). Ça grésille à peine aux haut-parleurs mais donne toute sa puissance aux écouteurs.
Voilà ce qu'il faut faire pour que nos gaillards gardent le rythme : un cercle se résorbe autour de cibles numérotées, indiquant l'ordre dans lesquelles il faut les toucher et ce lorsque le cercle se confond très précisément avec leur circonférence. Arrive alors une boule qu'il faut suivre lorsqu'elle glisse le long d'une rigole. Ou une roue qu'il faut faire tourner très vite. Tant qu'on réussit, le multiplicateur de points augmente. Si on accumule les erreurs, nos gars se fatiguent puis, si on persiste, s'étalent lamentablement.
Vite et bien
Le jeu est vite bouclé. Du moins en mode facile. Jouer les autres modes en rallonge considérablement la durée de vie, les challenges et l'ordre des éléments à pointer différant nettement. Et puis il y a le mode wi-fi pour deux joueurs (mais une cartouche suffit) qui reprennent six chansons illustrées autrement.
Simple mais addictif, BEA est aussi de plus en plus difficile à maîtriser. Au point qu'il faudra parfois mémoriser des séquences pour pouvoir les anticiper. Le jeu s'apprécie autant sur le court que sur le long terme. Une fois le morceau entamé, on peut l'arrêter et revoir la séquence, ce qui permet alors de visionner à son aise ce qui se passait sur l'écran supérieur. Pour nous, c'est clair: ses particularités, son originalité, son humour (il peut être mis entre toutes les mains), son esthétique font que BEA a tout pour plaire. Il a d'ailleurs déjà été largement primé par maints magazines et lors de divers salons.
Erik MachielsenBeat Elite Agent - DS - Éditeur Nintendo
© La Dernière Heure 2007
