La carte papier se chiffonne

Propos recueillis par Karim Fadoul

Le GPS fait mal à la carte. Chez De Rouck Geomatics, les ventes ont chuté de 15 %

BRUXELLES De Rouck, un nom qui sonne quand on parle de cartes routières sur format papier. En Belgique, De Rouck Geomatics (le nom générique de la société) est la référence en la matière avec des parts de marché qui dépassent les 80 %.

Au vu de ces belles prestations, peut-on conclure que De Rouck, qui produit chaque année 2 millions de cartes, n'a aucun souci à se faire ? Pas vraiment. Avec l'arrivée du GPS, la carte papier perd du terrain. L'érosion des ventes a débuté en 2003, comme nous l'explique Jean Gabriel, l'administrateur-délégué.

Quelle est l'ampleur de la chute des ventes des cartes papier ?

"Si je prends les chiffres 2006 par rapport à 2005, le chiffre d'affaires de la carte a perdu 15 %. Ceci dit, la baisse est différente en fonction des types de cartes. Les ventes diminuent de plus de 15 % pour la grande carte routière, celles des pays. Les ventes chutent de façon identique pour les atlas. La concurrence du GPS se fait énormément sentir pour ces deux segments. Par contre, pour ce qui est de la carte de ville, les pertes sont moindres parce que celles-ci n'intéressent pas seulement les personnes qui roulent en voiture. Quant aux cartes touristiques avec itinéraires vélo ou moto, les chiffres sont en progression car ces supports apportent une valeur ajoutée."

Et quel est, selon vous, l'avenir de la carte papier ?

"Je crois que les ventes vont se stabiliser en 2008 et 2009. Ce qui me fait dire cela, c'est la bonne tenue des cartes touristiques qui offrent des renseignements que ne proposent pas encore les GPS. La carte papier remplit des besoins supérieurs à un GPS. Elles offrent par exemple une vue d'ensemble d'un trajet. Les cartes papier sont également perçues comme des moyens de secours en cas de panne ou vol du GPS. Enfin, le GPS n'est pas aussi précis. Les cartes papier sont mises à jour tous les six mois, celles fournies par un GPS partent, à l'achat, avec 18 mois à 2 ans de retard. Après deux années, un GPS a déjà perdu 15 à 20 % de son exactitude."

Vous vous êtes lancés dans le GSM-GPS avec Geotwig. Allez-vous continuer dans ce sens ?

"Non, j'ai mis un terme à ce projet. Les raisons ? Aujourd'hui, pour être un acteur qui fait du profit dans le marché du GPS, il faut être un gros fabricant, comme dans le secteur du GSM. On ne vend désormais plus un GPS sur la qualité de ses cartes mais sur la taille de son écran, sur le MP3... Par contre, nous nous diversifions au niveau de la géolocalisation comme par exemple des véhicules d'une entreprise ou d'un chantier. Nous offrons aussi des outils aux entreprises afin qu'elles puissent mettre la localisation de leurs sites sur Internet."



© La Dernière Heure 2007

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