Google joue au plus malin
- Publié le 21-05-2012 à 10h25

Sans faire trop de bruit, Google vient de procéder à une mise à jour cruciale de son moteur, vers un Web de plus en plus sémantique
BRUXELLES Tenez-vous le pour dit : dans les semaines à venir, Google, point de passage presque indispensable de tous les connectés, va jouer à Questions pour un champion.
Dans l'objectif de rendre son moteur de recherche roi toujours plus intuitif et omniscient, la firme de Mountain View a effectivement procédé à une mise à jour cruciale de son hub mondial du savoir, mercredi dernier. Pour l'heure, seuls les Américains en profitent. Mais l'update se généralisera partout, très vite. Explications.
Jusqu'ici, Google essayait déjà de deviner vos pensées, en proposant, au cours de la saisie de votre recherche dans la barre dédiée, des suggestions. Basées sur des algorithmes de popularité, elles consistaient en une première étape. Ce dont on vous parle ici est la seconde. Tout tient en trois mots : graphe du savoir. "Le graphe du savoir est bâti pour comprendre les choses réelles du monde" , a expliqué un responsable de Google, Ben Gomes. "C'est le début d'un long voyage qui nous permettra de couvrir plus de sujets et des recherches plus complexes" , a-t-il ajouté.
Le graphe du savoir a été programmé pour reconnaître plus de 500 noms de personnes, lieux ou choses.
C'est relativement peu, mais c'est sur le plan des interactions et des croisements de données que ça devient intéressant : quelque 3,5 milliards d'attributs d'association seront de la partie.
Concrètement, en tapant Johnny Hallyday, Google sera capable, via quelques questions, de vous répondre si vous vous demandiez quelle était la teneur de la dernière opération médicale subie par le rockeur ou la date de passage de sa prochaine tournée près de chez vous. Les changements devraient, selon Google, toucher un grand nombre de recherches, et ils ont été conçus en pensant aux appareils portables, car ils permettent d'afficher une recherche d'un effleurement du doigt sur l'encadré. "C'est très utile sur un téléphone portable, et vraiment cool sur une tablette" , assure M. Gomes.
Google piochera dans les bases de données de Freebase et de Wikipedia pour alimenter son graphe.
Aux Etats-Unis Google monopolisait en avril 66,5 % des recherches sur internet, très loin devant son plus proche rival Bing, un produit Microsoft crédité d'une part de marché de 15,4 % selon le cabinet ComScore.
Selon le cabinet eMarketer, Google devrait s'accaparer cette année 77,9 % (15,2 milliards de dollars) des recettes publicitaires liées à la recherche en ligne aux Etats-Unis, contre 8,7 % pour Microsoft et 3 % pour Yahoo!.
© La Dernière Heure 2012
