4G : la réseaulution mobile ?
- Publié le 24-07-2012 à 08h31

Tous les opérateurs s'activent à construire le réseau mobile du futur. Entre promesses et déconfitures bruxelloises. Zoom.
BRUXELLES C'est le next big thing coming , côté mobile. Et c'est imminent. Nos GSM, tablettes et, surtout, autres smartphones se mettront très bientôt à l'heure de la quatrième évolution de réseau téléphonique, baptisée 4G (ou Long Term Evolution Advanced, pour les puristes).
Pour l'heure, en Belgique, c'est en 3G (et ses variantes, comme la 3G +) que le surf mobile se fait le plus prompt, à maximum 7,2 Mo/seconde. Mais il est plus que grandement temps de décongestionner ce réseau et, surtout, de répondre aux nouveaux besoins, accrus, des mobinautes. "Plus le nombre d'appareils mobiles augmente, plus il y a de contenus et d'applications mobiles et plus le réseau doit être performant pour offrir au client une expérience mobile optimale", avance Olivier Ysewijn, Chief Strategy Officer chez Mobistar. Or, le nombre d'appareils n'augmente pas : il… explose.
En 2009, en Belgique, seuls 7 % des nouveaux téléphones achetés étaient un smartphone. En 2012, on a tout simplement fait fois six (et des poussières) : aujourd'hui, 4,4 téléphones mobiles vendus sur 10 sont des smartphones ! Et les Belges ne s'y sont pas trompés : c'est pour l'Internet mobile qu'ils franchissent le pas vers les téléphones connectés et intelligents. Ainsi, le pourcentage de consommateurs qui consultent internet sur leur appareil mobile a presque quadruplé entre 2009 et 2012, passant de 7 à 26 %.
Notre génération hypraconnectée veut donc l'être tout le temps, partout, le tout avec un confort optimal. La réponse à ces attentes porte un doux nom : 4G, le réseau téléphonique mobile du futur. Qui devrait, aux dires des spécialistes, multiplier la vitesse d'une connexion 3G + par 8 ou 10, permettant d'obtenir, en déplacement, un confort de navigation et de téléchargement aussi grand que celui de l'Internet à haut débit à domicile. Voire meilleur dans certains cas.
En Belgique, l'IPBT (l'organe régulateur des Télécoms) a attribué quatre licences 4G, vendues pour 78 millions d'euros. Proximus (donc Belgacom), Mobistar, Base et Datang, opérateur chinois qui attaquera notre marché, en sont les acquéreurs. Et ils mettent les bouchées doubles pour être fin prêts.
Proximus, qui fut le premier à commencer ses devoirs 4G en juin 2011, a ainsi étendu, début de ce mois, le déploiement de son réseau 4G à cinq nouvelles villes : Liège, Namur, Louvain, Anvers et Gand. À adjoindre à Mons, Wavre, Hasselt et le parc industriel de Haasrode, lieux pilotes de la 4G proximusoise depuis 2011. La RTBF, comme l'hôpital bruxellois UZ, entre autres, testent déjà le service aussi.
Du côté de Mobistar, lors d'un rendez-vous presse ce lundi, la chose a été officialisée : ce sera Anvers, ville motrice économique par excellence, qui servira de rampe de décollage de la 4G. Des entreprises de médias, ainsi que la police locale testent actuellement le réseau. Notamment, côté police, au moyen d'outils comme la combicaméra : une caméra à 360° montée sur le toit du combi qui envoie en temps réel ses images au dispatching. En 2013, la 4G de Mobistar à Anvers devrait être rejointe par 600 nouveaux lieux supplémentaires, à l'exclusion de Bruxelles (lire ci-contre).
Le lancement commercial des premières offres d'abonnement 4G interviendra fin 2012 pour Proximus, courant 2013 pour Mobistar. Le temps que les appareils, aujourd'hui rarissimes, ne se mettent à inonder le marché.
Ce sera cher, et loin d'être indispensable au moment où la technologie ouvrira les yeux. Mais, d'ici 5 ans, on ne jurera probablement que par elle…
© La Dernière Heure 2012
