Zoom, Teams, Skype: ces outils qui finissent par épuiser notre cerveau
L'expression "Zoom fatigue" est née de l'avalanche de visioconférences. Elle s'explique par quatre raisons.
- Publié le 31-03-2021 à 12h43
- Mis à jour le 31-03-2021 à 12h44

Zoom mais encore Teams, Skype, WhatsApp : ces outils qui ont permis de se réorganiser vitesse grand V après l'obligation du télétravail partout où il pouvait être mis en place nous mènent aussi la vie de plus en plus dure.
Si vous utilisez de façon quotidienne et répétée ce type d'outils, vous avez certainement repéré une fatigue intense et soudaine qui peut en résulter associée à des yeux qui piquent. C'est parce que l'on fixe davantage son écran, en déduisez-vous… C'est bien plus pernicieux que cela ! Et c'est ce qu'a mis en lumière le professeur de communication Jeremy Bailenson, fondateur du Stanford Virtual Human Interaction Lab aux États-Unis, dans une étude parue dans la revue Technology, Mind, and Behavior de l'American Psychological Association.
Dans une réunion en présentiel, les employés fixent celui qui parle mais peuvent aussi prendre des notes, regarder la porte… En distanciel, chacun fixe les différentes vignettes vidéo. La quantité de contacts visuels est considérablement augmentée. Ce qui fatigue le cerveau, fortement sollicité aussi par la taille du visage principal qui induit une présence de proximité.
Autre aspect négatif : on se voit sans cesse, même en petit dans un coin de l'écran ! Et on ne peut s'empêcher de jeter un œil à cette image. Ce qui épuise et rend critique par rapoort à soi.
Troisième aspect que le chercheur a mis en évidence : les vidéoconférences réduisent la mobilité. On est assis des heures durant devant notre écran, impossible de faire les pas comme au téléphone ou de changer d'espace.
Enfin, c'est l'aspect qui a été le plus étudié : les tchats vidéo occultent une bonne partie de la communication non verbale, il faut alors faire des efforts conscients pour envoyer et recevoir ces signaux. Ce qui est… épuisant car cela ajoute une charge cognitive : il faut faire des efforts conscients pour marquer son approbation, son intérêt ou ses doutes.
Le conseil que donne le spécialiste pour essayer de détendre son corps et son cerveau : couper la caméra de façon régulière, mais pas que : " Il ne s'agit pas simplement d'éteindre votre caméra pour ne pas avoir à être actif de manière non verbale, mais aussi de détourner votre corps de l'écran ", a détaillé Jeremy Bailenson, " de sorte que, pendant quelques minutes, vous ne soyez pas étouffé par des gestes qui sont perçus comme réalistes mais dénués de sens social ."