Investir dans l'intelligence artificielle ? Pour un investisseur belge sur deux, c'est le moment !
Alors que les marchés boursiers dépriment, certains secteurs conservent un pouvoir d'attraction sur les investisseurs particuliers. Enquête menée pour ING.
- Publié le 16-10-2023 à 09h52

L'émergence rapide des outils d'intelligence artificielle (IA) n'aura échappé à personne. Il y a là sans doute une révolution pour une série de secteurs, ce qui s'est déjà reflété dans les valorisations boursières d'entreprises comme Nvidia qui produit des modules de calcul utilisés dans les superordinateurs dédiés à l'IA, ou Microsoft qui introduit actuellement des modules d'intelligence artificielle générative dans ses outils bureautiques traditionnels. Le groupe financier ING a fait réaliser en septembre sur ce sujet une étude statistique menée par Kantar auprès de 400 investisseurs particuliers belges. Et ce dernier Baromètre ING des investisseurs, dont La Libre a pu prendre connaissance, révèle quelques perceptions assez marquées à propos de ce nouveau phénomène.
Un phénomène dont le public des investisseurs belges a parfaitement conscience. Selon l'analyse réalisée par Kantar, en effet, un investisseur sur trois s'attend à ce que les outils d'intelligence artificielle aient des effets positifs pour l'économie mondiale dans le courant des dix prochaines années. Le Baromètre révèle toutefois que 30% des personnes interrogées sont d'un avis contraire… Quels sont les profils de ces répondants ? Chez les jeunes, la conviction est plus forte dans le potentiel de l'IA. Ils sont 4 sur 10 à penser que ces nouveaux outils vont doper la croissance économique. Les femmes en revanche sont plus partagées. 33 % des femmes interrogées ont le sentiment que l'intelligence artificielle aura des effets négatifs sur la croissance, contre 24 % qui en estiment les effets positifs.
Selon le chef économiste d'ING Belgique, Peter Vanden Houte, cité dans l'analyse de la banque, "des enquêtes menées aux États-Unis ont abouti à des résultats similaires, les femmes se montrent beaucoup plus sceptiques que les hommes à l'égard de l'IA. Des études ont montré que, en général, les femmes considèrent les nouvelles technologies avec beaucoup plus de prudence que les hommes".
L'emploi menacé ?
Il n'y aura pas que des impacts positifs, sans doute. L'étude révèle que près de 60 % des personnes interrogées considèrent que l'intelligence artificielle représentera une menace pour la vie privée des particuliers. Ils ne sont que 13 % à ne pas en être convaincus. Et ils sont 70 % à estimer que l'IA aura des effets sur le marché du travail, avec la disparition de postes mais aussi la création de nouveaux. La moitié des investisseurs interrogés sont convaincus de la présence de véhicules totalement autonomes à un horizon de 15 ans. 20 % des personnes interrogées n'y croient pas.
Une carte à jouer ?
En dehors de la perception des effets de l'IA, les personnes ont été interrogées sur les opportunités d'investissement que représentent ces nouveaux outils. Et 31 % des personnes consultées estiment qu'il est important que les entreprises dans lesquelles ils investissent aient recours à l'IA. "Cette opinion est plus forte chez les jeunes (42 %), mais aussi plus répandue chez les hommes (35 %) que chez les femmes (26 %)", notent les auteurs de l'étude. Les auteurs relèvent que pour 47 % des investisseurs consultés, c'est actuellement un bon moment pour investir dans des entreprises qui œuvrent au développement de l'IA. 20 % des répondants assurent qu'ils vont investir dans ce secteur, via des actions individuelles, des fonds d'investissement ou des ETF spécialisés (fonds indexés), et cela au cours des mois à venir. Ici aussi, les jeunes de moins de 35 ans sont les plus enthousiastes, puisqu'ils sont 41 % à manifester leur volonté d'investir dans ce secteur. Mais ils sont aussi 40 % à juger que les entreprises représentatives de cette tendance présentent des profils de risque élevés. Ce que confirme encore Peter Vanden Houte, rappelant que dans ces percées technologiques qui suscitent l'engouement, il ne reste au final qu'un nombre limité de gagnants. Une vision à prendre en compte.