Netflix, Disney +, Prime Video, Apple TV + en Belgique, le point de bascule ? De plus en plus de Belges coupent leur abonnement
Pour la première fois depuis leur lancement chez nous, les services de streaming vidéo perdent des abonnés en Belgique. Voici pourquoi.

- Publié le 16-11-2023 à 12h47
- Mis à jour le 16-11-2023 à 16h40

Est-on face à un basculement ? Pas impossible. Alors que l'arrivée des services de SVOD (Subscription Video On Demand) fêtera l'an prochain ses 10 ans en Belgique (Netflix a été lancé en Belgique en septembre 2014), pour la première fois, la popularité et l'utilisation de ces services de streaming vidéo décrochent en Belgique. C'est ce qu'il ressort de l'étude "Digital Report" 2023 de Deloitte. La pénétration des Netflix, Disney +, Amazon Prime Video et autres semblait avoir atteint son plafond de verre en 2022, avec, pour la première fois, un chiffre en stagnation. En 2023, il est en recul, passant de 53 % des 18-75 ans sondés abonnés à, désormais, 47 %.

Derrière cette tendance baissière globale, la réalité des uns n'est pas forcément celle des autres. Celui qui déguste le plus, c'est le plus gros du quartier : Netflix, qui passe de 46 à 38 % de pénétration. Disney +, lui, passe de 18 à 15 %. en revanche, Amazon Prime Video, continue à progresser dans ce marché baissier, grimpant de 10 % de part de marché en 2022 à 12 % en 2023. Mais il faut rappeler que ce succès à contre-courant est dû, dans notre plat pays, à une politique de prix extrêmement agressive, d'abord justifiée par le lancement du service en Belgique, puis, appuyée par le lancement du webshop belge d'Amazon sous nos latitudes, il y a un peu plus d'un an.
Prime Video, l'éclaircie dans la grisaille, mais truquée par des tarifs temporairement très avantageux
Souscrire à Prime, en Belgique, le service de livraison rapide de l'e-commerçant (qui déverrouille automatiquement l'accès à Prime Video) ne coûte en effet que 2,99 €/mois ou 25 €/an. Du moins pour l'instant, Amazon n'ayant pas encore répercuté les augmentations de tarifs qu'il pratique sur bien d'autres marchés. Reste que c'est quatre fois moins cher que chez nos voisins allemands, par exemple. Une période de grâce qui ne durera pas éternellement…
Netflix ou Disney +, par exemple, ont bien succombé dernièrement à la tentation de hausse des tarifs, chez nous. Ce qui, combiné à la crise du pouvoir d'achat et de l'inflation, a évidemment pu détourner les Belges de ces souscriptions. Parmi les trois principales raisons d'annulation au cours de l'année précédente, deux étaient définitivement liées aux coûts, confirme le rapport. "L'abonnement était trop cher" a été cité par 25 % des personnes interrogées, contre 23 % en 2022, et "la hausse des coûts dans d'autres domaines" a été mentionnée par 24 %, contre 15 %. Face à une facture d'électricité qui a pu tripler à honorer, l'abonnement Netflix résiliable à tout moment a souffert, en somme.
Le spectre de la fin du partage de compte, caillou dans la chaussure des abonnés
Deloitte pointe un autre élément majeur, qui serait à l'origine de la vague de désabonnements : le trépas du partage de compte et de mots de passe, que les services de SVOD, en quête de davantage de rentabilité, tentent de mettre en œuvre. Or, si la majorité des Belges (59 %) ne partagent pas leur accès aux abonnements vidéo en dehors de leur foyer, 39 % partagent les comptes entre deux foyers ou plus…