Un robot tondeuse, oui mais sans câble de délimitation: ça vaut quoi?
Caméras, IA, antenne satelite : les tondeuses robots autonomes sont de plus en plus "intelligentes". Et réclament de moins en moins l'installation – fastidieuse – de câbles périphériques de délimitation de la zone de tonte. On a testé l'une de ces machines new-gen : le Navimow i, de chez Segway. Et on est conquis.

- Publié le 17-08-2024 à 15h22

Au championnat des ex-gadgets de luxe devenus de plus en plus random dans nos maisons ces 10 dernières années, le robot tondeuse serait un solide candidat. On rappelle le principe de la machine, de plus en plus commune dans nos jardins : à l'instar d'un aspirateur robot d'intérieur, le robot tondeuse vous épargne la tâche de tonte, en s'en occupant de manière autonome. Toujours relié à une station de charge, très souvent connecté (notamment à votre smartphone), programmable et adapté à différentes superficies, l'appareil a permis d'économiser des milliards d'heures de tonte à ses propriétaires, depuis son invention.
Régulier, précis, et supprimant la tâche de l'évacuation des déchets de tonte (les lames du robot coupent l'herbe en fins débris et la laissent ensuite sur le sol, c'est ce qu'on appelle du mulching), le joujou a autant gagné en popularité qu'il a diversifié son offre et élargi sa proposition tarifaire (comptez entre 400 euros pour les modèles d'entrée de gamme à plusieurs milliers d'euros pour les modèles les plus puissants et cossus).
Une contrainte historique : les câbles périmétriques
Mais, jusqu'à récemment, le robot tondeuse ne s'était pas détourné de l'un de ses plus gros freins à l'achat ; l'installation d'un câble périphérique pour délimiter la zone de tonte. Un prérequis incontournable qui, pour certains, faisait office de contrainte décourageante : en cas de grand terrain, non régulier, il faut installer des centaines et des centaines de mètre de câble, pour que le robot comprenne quel est son aire de jeu…
Sauf qu'aujourd'hui, une nouvelle génération de robots tondeuses émerge, libérée de cette contrainte grâce à des technologies avancées de détection et de cartographie. Worx, Husqvarna, Honda : de plus en plus de marques mettent sur le marché des modèles qui se passent de câble périmétrique.
Segway Navimow i : notre test
Parmi elles, une petite nouvelle sur le segment : Segway (oui oui, les trottinettes électriques) qui a lancé, en Belgique, en 2024, ses modèles de robot tondeuse Navimow de la série i. Nous avons pu tester le modèle i108e, capable de tondre des surfaces annoncées jusqu'à 800 m2, qu'on pourra qualifier de haut de gamme positionné à un prix plutôt agressif (1299 €). Le modèle i105e, identique si ce n'est qu'il tond des surfaces de max 500 m2, est lui positionné à 999 €.

Bien fini, doté de matériaux de qualité, assez lourd (11 kilos), l'engin tient-il sa promesse d'une installation en 15 minutes ? Pour ce qui nous concerne, non. Mais presque.
Une configuration pas si simple
Si la contrainte du tirage d'un câble de délimitation a bien disparu, une autre apparaît : vous devrez faire en sorte que ET le robot (accompagné de sa station de charge) ET l'antenne GPS fournie (sur poteau, à planter) reçoivent un signal satellite correct. Et l'appli est un peu tatillonne à ce sujet, du moins pour les 200 m2 qui nous concernent. Il ne faut en effet être ni trop près d'un mur, ni d'un arbre… Fort logiquement, n'oubliez pas que sans fil périphérique ne veut pas dire sans câble : la station de recharge devra évidemment être connectée au secteur, et l'antenne GPS, elle, connectée à la station de charge. Heureusement les accessoires fournis (cavaliers, piquets, serre-câbles,…) sont très complets.

Une fois le positionnement le plus malin établi, une première cartographie de délimitation consiste à piloter le robot comme une voiture téléguidée, au moyen de son smartphone, pour lui faire connaître les limites les plus basiques de votre lopin de terre. L'opération réclame un peu de dextérité et d'attention, mais reste relativement ludique.
En action, un robot absolument bluffant !
Vient ensuite la première tonte (à définir entre 2 et 6 cm), et là, la relative déception d'une installation un poil plus ardue que prévu se dissipe en un éclair : le Navimow s'est d'emblée emparé de notre terrain avec une précision de 99 %, a été efficace en bordure, hyperprécis et régulier, rapide (1 h 26 pour 136 m2 de surface de tonte), et silencieux (un bourdonnement qu'on n'entend pas, lorsqu'il bosse en fond de terrain) ! Entre le signal GPS stellite, la caméra VisionFence et l'IA, l'engin détecte hyper efficacement les ballons (et autres obstacles) que les enfants auront laissés sur la pelouse. Ses capacités de contournement sont parfaitement au point.
Bardé de technos, connecté à la météo (pour éviter une tonte programmée en plein orage), évidemment programme et capable de tondre la nuit (il intègre un éclairage), le Navimow a également besoin d'une connexion réseau pour fonctionner. Votre Wi-Fi domestique peut parfaitement faire l'affaire, mais tout dépend de la configuration de votre terrain. Celle-ci peut vite s'avérer faiblarde. Auquel cas, un petit boîtier 4G à visser dans le robot, vendu en option, fera l'affaire et assurera une fonction antivol à l'engin – protégé par code PIN – en surplus, avec une géobarrière dont vous pouvez déterminer le périmètre.

L'app Navimow est hyperefficace et bien pensée, la tonte du robot nous a totalement conquis, et l'installation, bien que plus longue qu'espéré et pas totalement sans contraintes (le positionnement de l'antenne), reste plus simple que celle d'un robot traditionnel.
En un mot comme en 1000 : voici un excellent produit, porté par une techno qui va, forcément, se standardiser. Les câbles périphériques vivent sans doute leurs dernières années, et les jardiniers amateurs ne s'en plaindront pas !