Appels vocaux en désertion, SMS en rade : chez les jeunes, le smartphone a déjà tué le téléphone portable
Le smartphone n'est plus vraiment un téléphone, du moins chez les "zoomers". Mais un outil de communication polyvalent, qui perd tout son sens sans connexion Internet. Au point de voir ses fonctions de base (appeler, envoyer des SMS), nées avec l'invention du GSM, désertées par les plus jeunes... mais pas que.

- Publié le 31-01-2025 à 11h23
- Mis à jour le 31-01-2025 à 11h24

Un téléphone dans la poche, mais plus pour se… téléphoner ? On tend inévitablement vers la tendance, l'oralité étant en voie de raréfaction chez les Belges, surtout les jeunes. Ainsi, une étude récente menée par iVOX pour Swappie révèle que près de trois quarts (73 %) des moins de 27 ans préfèrent envoyer des messages plutôt que de passer des appels. Une tendance qui contraste avec les habitudes des baby-boomers, même si, là aussi, la moitié des sondés préfèrent l'écrit à la voix.
Les messages vocaux, bien que moins populaires que les textos écrits sur Whtasapp, Messenger, iMessage et compagnie, s'imposent également de plus en plus, du moins chez les plus jeunes. Un quart des membres de la génération Z (celle qu'on considère comme née entre la fin des années 90 et 2010, qui a grandi avec Internet mais n'a généralement pas vécu les attentats du 11 septembre) les préfèrent déjà aux messages textes, contre seulement 13 % des baby-boomers. Cette évolution confirme une mutation du smartphone vers un véritable outil de communication multitâche, bien au-delà de sa fonction originelle de téléphone mobile.
Les chiffres officiels de l'IBPT ne disent pas autre chose, bien que les plus récents compilent les données de 2023. Pour la première fois, cette année-là, les minutes d'appel mobiles passées sur tout le pays en un an, ont chuté de manière significative : – 0,81 milliard de minutes (-3,7 %), malgré le fait que les appels illimités soient de plus en plus courants dans les abonnements mobiles. C'est l'amorce d'une tendance, pas du tout un enterrement, mais ladite tendance est probablement irréversible.
Génération accro
L'étude met en évidence un autre tendance largement pressentie : la présence quasi permanente du smartphone dans la vie des jeunes. Dès le réveil, 66 % des moins de 27 ans consultent leur appareil en premier geste de leur journée, contre 38 % des seniors. Cette assuétude est souvent consciente : la moitié des "zoomers" belges reconnaissent une certaine dépendance à leur smartphone, proportion nettement plus élevée que chez leurs aînés (17 %).
Le SMS souffre lui aussi : un cap historiquement bas franchi il y a peu
Autre victime collatérale potentielle des évolutions des usages mobiles : le bon vieux SMS. Délaissé au profit des mêmes Whtasapp&Cie. Saf qu'ici, la baisse est amorcée depuis 10 ans déjà. En 2023 toujours, moins de 10 milliards de SMS ont transité sur les réseaux des opérateurs mobiles belges. On était encore à 14,5 milliards en 2020. Et encore, dans l'envoi de SMS, vous avez tout ce qui est institutionnel et communications d'entreprises publiques ou privées (rappel de rendez-vous, etc.).
Dans le même laps de temps, ultime évolution logique : la data, elle, a explosé. Toujours selon les données de l'IBPT, en 2023, en moyenne, l'abonné mobile belge consommait 7,5 Gb par mois, en 3G et 4G (et aujourd'hui 5G). "La croissance observée est la plus haute jamais enregistrée", commentait le gendarme des Télécoms. Il est évident qu'en ce début 2025, ce chiffre est bien plus élevé.
Bref, tout converge : le téléphone mobile est devenu un appareil polyvalent pour échanger à base d'Internet, sous bien des formes. Et est de moins en moins un… téléphone.