Conduire avec un rhume des foins équivaut à 3 verres d'alcool
Selon Touring, de plus en plus d'automobilistes s'informent pour se protéger des pollens et du rhume des foins
- Publié le 02-06-2017 à 06h16
- Mis à jour le 02-06-2017 à 09h17

Selon Touring, de plus en plus d'automobilistes s'informent pour se protéger des pollens et du rhume des foins. "De plus en plus d'automobilistes s'informent pour se protéger des pollens", prévient Lorenzo Stefani, porte-parole de Touring. Car avec le mois de mai vient le début de la saison des pollens : les herbes et les orties en produisent énormément.
Une mauvaise nouvelle pour les quelques 2,5 millions de Belges qui, selon Touring, souffrent du rhume des foins. "Le mois dernier, nous avons reçu 215 appels de personnes qui cherchaient des infos sur l'influence du rhume de foins au volant et sur les précautions à prendre. La situation s'aggrave d'année en année. En mai dernier, on avait reçu 180 appels."
En raison de la douceur de l'hiver, du printemps avancé et d'une météo changeante, la prolifération des pollens est sans cesse plus précoce.
"Il y a aussi davantage de gens qui en souffrent à cause de prédispositions génétiques", reprend Touring.
Cette affection, a priori sans gravité excessive, peut cependant être source d'accidents de la circulation.
"Cela peut conduire à des situations de circulation dangereuses représentant l'équivalant de trois verres d'alcool au volant, selon des études (Université de Maastricht)", assure Lorenzo Stefani. "Car ce rhume des foins occasionne de fréquents éternuements et des yeux larmoyants et gonflés. Cela réduit la visibilité du conducteur. Même la fraction de seconde où l'on est distrait par l'éternuement qui fait fermer les yeux, peut s'avérer dangereuse."
La saison des rhumes des foins devrait se prolonger jusqu'en août. "Les conducteurs de véhicules y sont plus exposés que les gens qui sont assis à l'intérieur ou se baladent habituellement à l'extérieur", reprend l'organisation de mobilité. "Car près des routes fortement fréquentées, il y a toujours davantage de pollens dans l'air, provenant de la haute atmosphère et amenés avec force par les mouvements d'air. On doit ajouter à cela le fait que les gaz d'échappement à particules fines renforcent l'effet du rhume des foins chez certains allergiques. L'augmentation du CO2 dans l'air est démontrée."
Touring craint qu'en raison du réchauffement climatique, les problèmes liés au pollen persistent. "Jadis, on entendait parler du rhume des foins uniquement au mois de juin mais aujourd'hui, il n'y a plus de règle. Le nombre d'allergies ne cesse d'augmenter", conclut Touring. "Le nombre total de personnes concernées est en augmentation constante depuis vingt ans. Dans l'intérêt de la sécurité routière, nous insistons dès lors pour que l'on tienne mieux compte de ce problème."
Ces comportements qui vous mettent en danger

Pour l'IBSR, des facteurs parfois anodins en apparence augmentent le risque : "Il suffit simplement d'être de mauvaise humeur".
Une étude américaine de la Virginia Tech Transportation Institute, que nous a transmis l'IBSR, illustre à quel point certains comportements augmentent les risques d'accidents. Pour en arriver à ces conclusions, des milliers de conducteurs ont été observés durant des années, via des caméras.
Un élément interpelle : avoir des enfants à l'arrière du véhicule diminue les risques de moitié! Il semble en effet que cela encourage les automobilistes à rouler prudement.
En revanche, une conduite agressive multipliepar 35 le s risques de crash. Autant que la drogue et l'alcool!
"Une simple activité peut engendrer une distraction visuelle, auditive, physique, etc. Téléphoner, actionner le GPS, parler avec un passager, manger, boire : tout cela peut réduire l'attention", analyse Benoît Godart, porte-parole de l'IBSR. "Il suffit simplement d'être de mauvaise humeur pour augmenter les risques",
Parler avec un passager, écouter de la musique ou régler le chauffage peut également s'avérer dangereux.
Selon l'IBSR, 8,1 % des conducteurs observés étaient en train de s'adonné à une activité susceptible de détourner l'attention au volant. Ce phénomène est plus fréquent chez les conducteurs de camionnettes (13,8 %) et de camions (15,6 %). 2,4 % des conducteurs observés fumaient. Ce comportement s'observe également plus souvent chez les conducteurs de camionnettes et de camions, et chez les hommes.
L'utilisation d'un objet en roulant a été observée chez 1,9 % des conducteurs. Ce type de comportement entraîne, notamment, un allongement du temps de réaction de 30 % et un temps de freinage plus long.
Le comportement consistant à saisir une destination, sur GPS ou smartphone, a été observé chez 12 % des automobilistes.
D'une manière générale, l'IBSR estime que 30 % à 48 % des automobilistes téléphonent au volant, et 12 à 26 % envoient des SMS en roulant.
L'envoi de SMS au volant est à l'origine de 2 à 3 % des accidents. 38 à 81 % des automobilistes discutent quant à eux avec un passager lorsqu'un passager est présent dans la voiture.

10 conseils aux conducteurs
Touring donne 10 conseils préventifs aux automobilistes, hors traitement médical, pour souffrir au minimum des désagréments du rhume des foins et minimiser la gêne.
1. Gardez les fenêtres de la voiture fermées durant le parcours.
2. Évitez les emplacements de parking à fortes concentrations de pollens.
3. Évitez plus particulièrement les emplacements situés sous certains arbres, en particulier les bouleaux. En effet, le pollen de bouleau est le principal responsable des allergies aux pollens d'arbre.
4. Avant de démarrer : mettez la ventilation de votre auto sur la position "circuit fermé".
5. Protégez-vous les yeux, même en voiture.
6. Utilisez des lunettes appropriées.
7. Passez régulièrement l'aspirateur à fond à l'intérieur de la voiture
8. À l'achat du véhicule, réclamez un filtre à pollens, aussi appelé filtre d'habitacle (souvent standard). Le filtre d'habitacle est un filtre à pollens qui va filtrer non seulement ces allergènes, mais également la plupart des particules telles que les gaz, la poussière, certains germes, etc. Grâce à ce filtre, l'intérieur de votre véhicule conserve un air de bonne qualité.
9. Un filtre combiné est adapté à plusieurs variétés différentes de pollens.
10. Changez le filtre après 15.000 kilomètres.
"Un grand nombre sous-estiment l'allergie"
L'allergie au pollen concerne 15 à 20% des Belges, à des degrés différents. Du 15 mai au 15 juillet, approximativement, s'étend la période des pollens de graminées. De nombreux Belges y sont sensibles. Les symptômes sont nombreux: éternuements, fatigue, muscles endoloris, nez bouché, yeux qui picotent...
Les personnes sensibles minimiseraient les signes. D'autres ne prennent pas leur traitement correctement. "C'est un message à faire passer, c'est vrai", reconnaît le professeur Olivier Michel, pneumo-allergologue au CHU Brugmann et professeur à l'ULB. "Sans doute qu'un grand nombre ne s'en préoccupent pas ou sous-estiment les choses. Or, le rhume des foins, ce n'est pas que le nez qui coule et les yeux rougis. C'est une obstruction nasale qui empêche un bon sommeil. Ce sont aussi des symptômes généraux comme la fatigue, mais aussi un état grippal... Or, il existe des traitements efficaces comme les sprays locaux, la désensibilisation et les antihistaminiques."
La fatigue serait liée à "des nuits avec une obstruction nasale. Le patient a une respiration buccale et non nasale. Ce type de respiration déstructure le sommeil. Le sommeil est moins réparateur. Donc mieux vaut soigner le rhume des foins."
Le spécialiste réfute toute somnolence liée aux antihistaminiques. "La plupart des nouveaux médicaments n'interdisent pas l'utilisation de l'auto ou d'un appareillage dangereux." Il ajoute: "Il est cependant vrai qu'il existe une sensibilité différente. Chacun réagit différemment aux antihistaminiques. 5 à 10% des personnes allergiques sont plus sensibles à ce traitement. Elles sont plus fatiguées."
Le pneumo-allergologue bruxellois ajoute: "Il est important de bien prendre l'antihistaminique le soir, au moment du coucher. Des études ont démontré que le matin, il y avait plus de risques d'effets secondaires."