Cloclo et le miracle Podium: 3 millions et demi d'entrées
- Publié le 22-11-2004 à 07h06
BRUXELLES Claude François Junior et Marc François, les fils du chanteur, peuvent donner l'impression, par leur discrétion, de vivre dans l'ombre de leur père et, certains le pensent, sans une grande personnalité propre. Le fait est qu'aujourd'hui l' affaire Claude François paraît florissante et c'est essentiellement grâce à eux. Car à sa mort, en 1978, Claude François ne leur a pas laissé un empire financier.
Tout ce que le chanteur entreprenait était certes couronné de succès. Par contre, sur le plan de l'économie stricte, Claude François fut confronté à d'énormes problèmes de gestion, à commencer par un contrôle fiscal désastreux. Il y avait aussi l'envie de trop bien faire. Pour son magazine Podium (un succès, avec un tirage à 300.000 exemplaires), il voulait le plus beau papier et les plus beaux posters. Ce qui lui coûtait un argent fou. Il comptait sur les revenus de ses ventes de disques pour renflouer ses autres activités. Mais il multipliait ses activités et, dans les dernières années, les ventes de disques ont fini par ne plus suffire. A sa mort, sa famille a dû se séparer de quelques avoirs et surtout du fameux moulin de Dannemois.
Heureusement, Claude Junior et Marc ont pu compter sur les revenus de la chanson My Way (un million d'euros par an) et sur leur sens des affaires. En 2003, les compilations des succès de Claude François se sont vendues en 427.000 exemplaires et 110.000 DVD de karaoké ont été commercialisés. Les deux frères ont aussi investi dans des projets. La comédie musicale Belles Belles Belles leur a fait perdre de l'argent. Mais ils se sont rattrapés sur le film Podium. Pour autoriser l'exploitation des chansons de Claude François dans ce film, ils auraient pu négocier une somme forfaitaire. Au lieu de cela, ils n'ont rien demandé, sinon des royalties sur les entrées. Et des entrées, il y en eut... trois millions et demi! Un beau coup...
D'autres héritiers ont donné, en quelque sorte, une nouvelle vie à leur artiste. C'est le cas d'Orlando, le frère de Dalida. En 1987, année de sa mort, Dalida restait une immense vedette, mais il est un fait qu'elle n'était plus une grande vendeuse de disques. Grâce à des remixes techno et disco, supervisés par Orlando, on vend aujourd'hui 400.000 albums de Dalida par an.
Pour sa part, Gaya Bécaud, fils de Gilbert Bécaud, exploite avec une passion de collectionneur les documents encore inconnus qu'il récolte à propos de son père décédé en 2001.
© La Dernière Heure 2004
