Le gel hydroalcoolique, cause d'appel numéro 1 du centre antipoison: "C'est comme prendre un shot de vodka"
Les intoxications au gel hydroalcoolique sont la cause d'empoisonnement la plus fréquente.
- Publié le 08-08-2021 à 18h35
- Mis à jour le 09-08-2021 à 14h04

C'est un dommage collatéral et une des conséquences les plus inattendues de la crise sanitaire. Autrefois marginales dans les motifs d'appels au centre antipoison, les intoxications au gel hydroalcoolique sont désormais la cause d'appel numéro 1. Ceux-ci s'élevaient à 641 pour les quatre premiers mois de l'année 2021. C'est deux fois plus que pour toute l'année 2020 (306).
Ce sont autant les adultes que les enfants qui s'empoisonnent, même si les premiers appellent surtout le centre antipoison pour un contact avec les yeux alors que les appels pour les enfants peuvent aussi concerner des ingestions par la bouche. "Le gel hydroalcoolique est composé à plus de 70 % d'alcool, explique Dominique Vandijk, directeur adjoint du centre antipoison. C'est comme prendre un shot de vodka. Pour un adulte, une dose d'alcool trop importante peut conduire à un état d'hypoglycémie. Mais pour un enfant, l'effet peut être plus grave. C'est la raison pour laquelle nous suggérons généralement aux parents qui nous appellent de donner une boisson sucrée aux enfants. Un verre de limonade fait généralement l'affaire si la dose de gel ingérée n'est pas trop importante."
Et c'est généralement le cas heureusement. Car le goût - très mauvais - de ces produits gluants, devenus omniprésents dans notre quotidien, a un effet repoussoir pour les enfants qui le prennent en bouche. Il n'est pas nécessaire de prendre d'autre mesure de précaution et un passage par l'hôpital ne s'imposera que si l'enfant a perdu connaissance à la suite de cette ingestion.
Dans les yeux, toutefois, le contact avec le gel hydroalcoolique peut s'avérer plus grave. "C'est un produit irritant qui peut provoquer des lésions à l'œil", poursuit Dominique Vandijk. En cas de contact avec les yeux, le centre antipoison conseillera généralement de rincer abondamment à l'eau. On consultera un médecin si des douleurs se font sentir dans les heures et les jours qui suivent ce contact.
À noter que les empoisonnements à l'eau de javel, qui étaient autrefois le motif d'intoxication numéro 1 répertorié par le centre antipoison, connaissent également une recrudescence, à la suite de la pandémie. "Les Belges ont nettoyé et désinfecté davantage leur habitation depuis l'arrivée de ce virus", explique encore Dominique Vandijk. Ce produit étant utilisé plus fréquemment dans les foyers, il est logique que cela aille de pair avec une augmentation des accidents domestiques liés à lui. Mais là, en cas d'ingestion, les conséquences peuvent être beaucoup plus graves.