Vaccination, masques, quarantaine… Comment s'organise le retour à l'école sur fond de menace sanitaire
Retour en classe cette semaine dans l'enseignement obligatoire. Pandémie ou pas, une série de grandes réformes doivent avancer. Voici les quinze principaux défis à relever. Pas gagnés d'avance…
- Publié le 31-08-2021 à 07h33

L'heure de la rentrée a sonné, en Fédération Wallonie-Bruxelles, pour les quelque 900 000 élèves du maternel, du primaire et du secondaire ainsi que pour leurs 120 000 enseignants qui retrouveront le chemin des classes mercredi. Tous, en présentiel. Pourtant, on ne peut toujours pas parler de rentrée normale. D'abord, parce que les inondations de juillet ont fait des dégâts jusque dans les écoles. Ensuite, parce que le virus circule toujours. Et enfin, parce que de grosses réformes sont en préparation et qu'il est grand temps que ces chantiers avancent malgré tout. Voici donc les quinze grands défis de cette année scolaire 2021-2022 dans l'enseignement obligatoire.
1. Les stigmates des inondations
On va voir ces images partout, le 1er septembre. Les ministres de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont prévu d'aller encourager les équipes dans les écoles touchées par les inondations, cet été. En province de Liège principalement. Directions, enseignants, parents et bénévoles ont mis les bouchées doubles pour que la rentrée puisse avoir lieu le plus normalement possible. C'est le premier gros défi, très concret, à relever. Pour une dizaine d'entre elles, cela reste problématique à ce stade.
2. Les règles sanitaires
Le 100 % présentiel a été décidé pour tout le monde. Mais des mesures restent nécessaires pour enrayer la propagation du virus. Rien ne change pour les élèves du maternel et du primaire, dispensés de port du masque. Pour le reste, des règles différentes ont été imposées en Wallonie et à Bruxelles en fonction de la situation sanitaire. En Wallonie, les élèves de secondaire ne doivent porter le masque que lorsqu'ils sont en mouvement ou en dehors de leur classe. À Bruxelles, par contre, ils doivent le garder tout le temps, y compris pendant les cours.
En ce qui concerne les adultes, en Wallonie, le masque est obligatoire à l'intérieur seulement quand ils bougent, que ce soit en classe, dans un autre local ou pour se déplacer de l'un à l'autre. Immobiles devant leur classe, en réunion ou pour manger, ils peuvent l'enlever. À Bruxelles, par contre, le masque est obligatoire pour les adultes en toutes circonstances, sauf dans l'enseignement maternel où il n'est requis que pour les contacts entre adultes. Ces règles valables jusqu'à fin septembre seront réévaluées. L'enjeu est ici de mettre en place un système efficace qui permette d'assouplir les règles et d'assurer la continuité de l'enseignement.
3. La vaccination des jeunes
Le retard pris par la Région bruxelloise dans la vaccination des 12-17 ans inquiète et justifie la différence de traitement entre Bruxelles et la Wallonie. Le pari n'est pas gagné d'avance. L'école compte bien participer au rattrapage. La ministre de l'Éducation, Caroline Désir (PS), annonce une action en deux temps. D'abord, des campagnes de sensibilisation et d'information pour tordre le cou aux fake news qui circulent. Puis, dans la foulée, des campagnes de vaccination avec l'intervention des équipes mobiles de l'ONE dans les écoles.
4. Les suivis, les tests et les quarantaines
Comment s'organisera le suivi de la pandémie ? Depuis quelques semaines, l'ONE et le cabinet de la ministre Bénédicte Linard (Écolo) en charge des mesures sanitaires dans les collectivités annoncent une réflexion en cours concernant les protocoles de suivis des cas, tests et quarantaines. Pas de nouvelles, à quelques heures de la rentrée. Or les règles en vigueur avant les vacances monopolisent beaucoup de temps et d'énergie aux équipes des centres PMS. Alléger le système tout en garantissant une surveillance fine constitue le 4e défi. Et on n'a toujours pas parlé de pédagogie…
5. Le rattrapage des retards
Chahutées, les deux dernières années ont laissé des traces en termes d'apprentissage. Dans les classes, la situation et le niveau de chaque élève devront être pris en compte. Vraiment pas simple, quand on sait que, même en temps normal, notre système éducatif est un champion des inégalités. Pour aider les équipes, des budgets ont été dégagés par le gouvernement pour financer des périodes supplémentaires. Chaque école primaire et secondaire les utilisera au mieux de ses besoins.
6. Le retour des cantines, du sport, des excursions et des festivités
Les écoles doivent aussi se remettre dans le rythme. Les cantines peuvent rouvrir avec des repas chauds. L'éducation physique reprend également, pour tous les élèves, dans le respect du protocole sport (mis à jour sur le site de l'Adeps). Pour le secondaire à Bruxelles, des règles de nettoyage sont toutefois en place concernant les vestiaires qui sont réservés à un seul groupe classe à la fois. Les sorties d'un ou de plusieurs jours hors de l'école sont à nouveau autorisées. Pour les fêtes et autres rassemblements, les règles appliquées dans le reste de la société (protocoles Horeca, sport, piscines, etc) sont de mise.
7. Les frais scolaires : continuer "vers plus de gratuité"
On peut rappeler que plus aucune fourniture scolaire ne peut être demandée pour les élèves du maternel. Mais quand le cadre sera-t-il resserré en primaire ? À quand, la suite des ajustements "vers plus de gratuité" ? Peut-être cette année…
8. Les congés : sortez vos agendas
Si la ministre de l'Enseignement Caroline Désir (PS) boucle à temps la réforme des rythmes scolaires, l'année 2021-2022 sera la dernière année organisée selon l'agenda que nous connaissons. Elle commence ce 1er septembre et se termine le jeudi 30 juin. Les autres congés à inscrire dans vos agendas : le 27 septembre (fête de la Communauté française), du 1er au 5 novembre (Toussaint), le 11 novembre, du 27 décembre au 9 janvier (Noël : notez que le réveillon tombe le soir du dernier jour de classe avant les vacances), du 28 février au 4 mars (Carnaval), du 4 au 18 avril (Pâques : le congé se termine par le lundi de Pâques), le 26 mai (Ascension) et le 6 juin (Pentecôte).
9. La réforme des rythmes scolaires
Si la réforme des rythmes est adoptée, la prochaine rentrée scolaire sera fixée le dernier lundi du mois d'août à partir de 2022-2023, soit le lundi 29 août 2022. La ministre Désir a répété son intention d'avancer, fût-ce pour les seules écoles francophones. Mais on sait que de nombreux détails restent à régler, principalement de coordination avec les autres régions, avec l'enseignement supérieur, avec l'extrascolaire et avec les mouvements de jeunesse.
10. La mise en place des pôles territoriaux
Cette réforme de l'enseignement spécialisé va commencer à être mise en place à partir de cette année. Objectif : uniformiser la prise en charge d'élèves à besoins spécifiques. Les changements annoncés ont suscité pas mal de méfiance. Il faudra convaincre.
11. Les Assises de l'orientation
Comment orienter positivement les élèves, sortir de la réorientation "en catastrophe", souvent à la suite d'un échec, voire de la relégation vers le professionnel ? Sacrée gageure ! Cette question sera débattue lors des très attendues Assises de l'orientation, le 25 novembre prochain. Mais il faudra plus que cette rencontre pour faire évoluer les mentalités.
12. La refonte du décret Inscription
On en a parlé récemment. Chaque année, à quelques jours de la rentrée, des dizaines d'élèves ignorent dans quelle école secondaire ils feront leur rentrée, faute d'avoir trouvé une place dans une des écoles de leur choix. Là où il y a plus de candidats que de places disponibles, le décret Inscription tranche. Le texte est en train d'être ajusté pour alléger la démarche dans les zones qui ne connaissent pas de tensions. La ministre Désir veut ces modifications pour la prochaine procédure qui commence début 2022. Il n'y a dès lors pas lieu de traîner.
13. Les chantiers du Pacte d'excellence
Les circonstances sanitaires ont mis sur pause quelques-uns des chantiers prévus dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte pour un enseignement d'excellence. Même certains dossiers déjà lancés ont bénéficié de certains assouplissements, comme les plans de pilotage et les contrats d'objectifs qui lient les écoles à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il va falloir reprendre la cadence. Mais attention à ne pas trop en demander d'un coup, disent les syndicats, au risque de perdre l'adhésion des acteurs. Ceux-ci se retrouvent d'ailleurs début octobre pour faire le point sur la question.
14. Les autres dossiers attendus du Pacte d'excellence
Le Pacte draîne un tas d'autres réformes qui ne pourront pas aboutir toutes en même temps, telles la réforme du qualifiant (qu'est-ce qu'on propose après le tronc commun ?), celle de l'alternance ou, encore, l'évaluation des enseignants. Il va falloir prioriser tout cela.
15. L'accord sectoriel pour le personnel enseignant
Enfin, dernier objectif et non des moindres : on attend aussi le protocole d'accord sectoriel pour le personnel enseignant. Dans le gros cahier de revendications déposées par les syndicats, la lutte contre la pénurie est centrale.