La voiture sur rail, le projet fou de la SNCF

Le projet sera expérimenté en 2024. Il  n'a quasi aucune chance d'être implémenté chez nous.

Y. N.

L'info a tout d'un malicieux poisson d'avril mais elle est néanmoins tout à fait sérieuse. Face à la problématique de la desserte des villages les plus reculés de France, la société de chemins de fer français travaille actuellement sur deux projets innovants qui pourraient se concrétiser d'ici 2030. Le premier, baptisé Flexy, n'est autre qu'une voiture sur rail. Entendez une voiture qui se déplace aussi bien sur le bitume que sur les rails.

La voiture sur rail, le projet fou de la SNCF
©SNCF

"Capable de rouler à la fois sur rail et sur route, cette navette ultralégère s'adresse en priorité aux petites lignes ferroviaires désaffectées, dont la longueur varie entre 10 et 30 km et qui offre un potentiel de trafic trop faible pour justifier une desserte purement ferroviaire, explique la SNCF. Cette approche rail-route permettra d'assurer une desserte particulièrement fine des zones d'habitation et villages situés dans un voisinage proche de la ligne ferroviaire en quittant la voie ferrée pour emprunter la route, lors de tournées où sont pris en charge les voyageurs."

La voiture sur rail, le projet fou de la SNCF
©SNCF

Concrètement, le concept, dont l'expérimentation débutera en 2024 pour une mise en service espérée en 2026, consiste en un véhicule disposant de neuf places assises pouvant rouler jusqu'à 60 km/h sur les rails, tant sur les lignes ferroviaires désaffectées que sur celles où la densité de trains est faible. Après avoir pris ses passagers, par exemple au centre d'un village reculé, la navette, 100 % électrique, se dirige vers les voies de chemin de fer concernées pour s'y atteler via un mécanisme ingénieux au niveau des roues, et de rejoindre les gares de plus grande envergure. Sur les lignes à voie unique, des plateformes seraient créées pour permettre le croisement des véhicules.

La voiture sur rail, le projet fou de la SNCF
©SNCF

Selon la SNCF, cette solution permettrait de "diviser par deux les coûts d'exploitation par rapport aux solutions ferroviaires classiques." Avec pour objectif final d'inciter les navetteurs - dont les vacanciers belges - à délaisser leur voiture, notamment pour parcourir les derniers kilomètres séparant leur domicile du réseau ferroviaire.

Un projet innovant qui risque malheureusement d'être difficilement transposable en Belgique. Notamment en raison de la transformation des anciennes lignes de chemin de fer désaffectées en ravels. Ensuite en raison d'une densité ferroviaire plus importante – et donc plus restrictive – qu'en France.

L'autre projet innovant sur lequel travaille la SNCF consiste au remplacement des TER circulant sur les plus petites lignes et dont les rames sont souvent surdimensionnées par rapport au nombre de navetteurs. Ces TER seraient remplacés par des trains plus petits et plus légers, fonctionnant sur batteries pour circuler sur les voies non électrifiées. D'une capacité de 80 personnes dont 30 assises, le "Draisy" serait lui aussi destiné aux lignes les plus reculées, sur des segments d'une centaine de kilomètres. "Outre cette capacité d'accueil inférieure à celle d'un TER classique, qui répond aux besoins des plus petites lignes, Draisy offrira une souplesse d'usage qui permettra d'offrir un haut niveau de service, comme des arrêts à la carte", projette la SNCF.

Avec là aussi un objectif de réduction des coûts. "L'utilisation de nouvelles technologies et de matériaux issus de l'automobile permettra à Draisy d'avoir une masse réduite, ce qui sollicitera moins la voie et permettra ainsi de réduire les coûts de maintenance, à l'instar du Train léger." Son expérimentation sur une ligne pilote en région est prévue courant 2025.


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