Tarifs des trains à la hausse: un signal ô combien dangereux
Une humeur de Romain Masquelier.
- Publié le 15-10-2022 à 17h20
- Mis à jour le 18-10-2022 à 20h08

Sauf solution miracle de la Vivaldi et de son ministre Gilkinet, nous nous dirigeons vers une augmentation des tarifs de train. Une hausse - on parle de 10 % - incompréhensible au regard des autres compagnies de transport. Le Tec a gelé ses prix. Idem pour la Stib à Bruxelles. Des mesures certes au lourd impact budgétaire, mais impérieuses. Car à l'heure d'une alarmante baisse du pouvoir d'achat et d'une flambée des prix du carburant, l'augmentation des billets des transports publics constitue un signal politique ô combien dangereux. On ne peut en effet continuellement demander aux Belges de changer leur train-train quotidien et de prendre en marche le train de la transition si, parallèlement, les alternatives deviennent de plus en plus onéreuses.
Certes, des réductions existent pour les jeunes, les seniors, les week-ends… mais de nombreux Belges, financièrement vampirisés par la crise, passent entre les mailles des promotions et paient plein pot. Certes, la SNCB voit ses coûts augmenter. Mais il ne faudrait pas, une fois de plus, que les citoyens, qui n'ont d'autre choix que le train ou font de plein gré le choix d'une mobilité partagée, aient à payer le prix fort. La réponse doit donc être politique. Une offre ferroviaire performante et - surtout - économiquement abordable résoudrait bien des maux : moins d'embouteillages, moins de pollution, moins de dépendance aux énergies fossiles… La solution est connue de longue date. À la Vivaldi de l'appliquer et de donner envie aux Belges de prendre le train. Investir dans l'offre est nécessaire. Conserver des prix raisonnables est indispensable. Sans quoi les Belges risquent de rester à quai et bouder le ferroviaire.