Société

Depuis le 15 juillet, le travailleur belge est censé ne plus payer de taxes et impôts. Mais ce n'est que la théorie...

C'est bien connu : la Belgique est l'un des pays où le travailleur est l'un des plus taxés au monde. Et la nouvelle étude de l'Institut Molinari vient conforter cet état de fait. Selon cet institut économique basé à Paris, Bruxelles et Londres, le jour de libération fiscale est arrivé ce lundi 15 juillet. Il s'agit du jour où, en théorie, le travailleur qui aurait consacré tout son salaire depuis janvier à payer taxes et impôts, pourrait profiter à 100 % de son salaire jusqu'à la fin de l'année.

Dans la pratique, il est évident que, sauf réserve financière suffisante, il est impossible de consacrer l'entièreté de son salaire mensuel, durant six mois de suite, à son devoir fiscal. Mais cet élément permet d'illustrer le taux de taxation en Belgique par rapport aux autres pays de l'Union Européenne. Avec un constat : "Les travailleurs belges célèbrent leur jour de libération fiscale 24 jours plus tôt qu'en 2013 et bénéficient de près de 4.000 € de plus en salaire annuel net, explique le bureau Molinari, citant la nouvelle édition de La pression sociale et fiscale réelle du salarié moyen au sein de l’UE en 2019."

Au vu du graphique ci-dessous, on constate que les Chypriotes sont sans doute les mieux lotis au sein de l'UE, leur jour de libération fiscale survenant début avril. Plus étonnant, nos voisins Français ne célébreront ce jour que demain. Idem pour les Autrichiens.

© Institut Molinari

Selon le bureau Molinari, la suite de la mise en œuvre du tax-shift du gouvernement Michel aurait permis cette importante réduction du coût du travail en Belgique. Mais le bureau tempère : "Le tax-shift n’a cependant eu que peu d’impact sur le pouvoir d’achat des travailleurs, assure James Rogers, chercheur à l'Institut Molinari. Le tax-shift a eu un impact positif sur l’économie et les citoyens belges: le taux de chômage a diminué, et le revenu disponible est en hausse. Néanmoins, les Belges paient trop pour leur gouvernement: beaucoup de nos voisins européens paient des impôts moins élevés tout en obtenant de meilleurs résultats en matière de soins de santé, d'éducation et de bien-être."

© Institut Molinari

Après avoir été le salarié le plus coûteux à l’embauche au sein de l’Union européenne pendant plusieurs années, le Belge est désormais en cinquième position, après les Luxembourgeois, les Autrichiens, les Néerlandais et les Allemands. Mais il n'est surtout que neuvième en terme de salaire net. "Un employeur belge doit dépenser 2,01€ pour accorder 1€ à un travailleur moyen après charges et taxes (NDLR : contre 2,43 € en 2013)."

Quant au taux d'imposition réel d’un employé belge (TVA inclue), il est aujourd'hui de 53.6%, contre 44,5% pour la moyenne de l'Union européenne. "Cela ne se traduit pas par une qualité des services publics à la hauteur de ce montant. Parmi les pays de l’EU, la Belgique se situe en cinquième position dans le classement des systèmes de santé du Health Consumer Powerhouse ; en 10ème position pour la lecture, en 9e place en sciences et en 6e en mathématiques selon le classement PISA des systèmes éducatifs."