Société Alors que le ramadan débute ce samedi, de nombreux musulmans proposent cette année de vivre une rupture de jeûne chez eux.

Passer une soirée avec ses proches au sein d’une famille musulmane voisine et rompre avec elle le jeûne du ramadan. Déguster différentes spécialités culinaires, découvrir comment se déroule l’iftar, c’est-à-dire le repas du soir que partage une famille pendant le mois du ramadan, une fois le soleil couché, et surtout passer un moment de partage et de convivialité : voilà ce que proposent cette année un certain nombre de Belges de confession musulmane à travers le site www.iftarons.be. Un site Internet sur lequel les personnes intéressées peuvent désormais s’inscrire et réserver une soirée chez une des familles participant de manière bénévole, et dans les trois Régions du pays.

Une initiative mise en place par Fedactio, une fédération réunissant une septantaine d’associations belgo-turques actives dans notre pays. "Les débuts du projet ont vu le jour en 2010 chez Beltud, une association membre de Fedactio qui avait incité ses membres à inviter ses voisins et collègues non musulmans pour des repas d’iftar. Depuis, cela se fait naturellement et cela s’est étendu aux trois Régions. Si on devait faire une estimation, je dirais qu’il y a environ 1.000 personnes qui ont déjà été invitées durant cette période. Cette année, on a décidé d’en faire un projet à part entière avec un site Internet et surtout un formulaire d’inscription public plutôt que du bouche-à-oreille comme c’était le cas avant", explique Hüseyin Cakmak, de Fedactio.

Pour les musulmans , le mois de ramadan, qui est un des cinq piliers de l’islam, avec la profession de foi, la prière, l’aumône et le pèlerinage à La Mecque, est un moment d’introspection, tout en étant une période de fête et de rassemblement. Un moment de convivialité que les musulmans participant, plus d’une centaine de familles selon les organisateurs, souhaitent partager avec des non-musulmans. "Certaines familles non musulmanes ont d’ailleurs déjà ré-invité, depuis les débuts, des familles musulmanes, et des liens se sont noués. C’est bien sûr un des objectifs", ajoute Fedactio.

"Cela va faire la troisième année qu’on participe. Je trouve que c’est un moment de partage et de bonheur qu’il faut faire connaître. On a déjà accueilli environ 32 personnes pendant quatre soirées, généralement des groupes d’amis. On prépare des soupes de lentilles, différentes entrées comme du tzatziki et des mezzes, puis il y a souvent du riz, des légumes et de la viande comme plat principal", expliquent Hakan et Rukiye, 36 et 30 ans, de Liège, qui se disent ravis de l’expérience.

Le site www.iftarons.be propose aux futurs hôtes un formulaire leur permettant d’indiquer leurs dates de préférence, leur nombre, et même s’ils ont des allergies. À l’heure où les tensions entre les différentes communautés sont attisées par l’actualité liée au terrorisme, les initiateurs de Iftarons espèrent jeter des ponts entre musulmans et non-musulmans.

Une tolérance pour les élèves

Certaines communes bruxelloises sensibilisent sur l’importance des examens

Alors que le ramadan débute ce samedi, certaines communes bruxelloises à forte population de confession musulmane ont pris des dispositions pour sensibiliser les élèves de leurs écoles sur la priorité à accorder à leurs examens. Les équipes de gardiens de la paix seront également renforcées sur le terrain, ou travailleront plus tard. Des dispositions prises pour faire en sorte que la fête soit une pleine réussite, notamment à Schaerbeek et Molenbeek. Du côté de l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), on indique que, comme l’an dernier, les élèves se trouvant en difficulté pour combiner ramadan et examens, peuvent reporter leurs jours de jeûne plus tard.

"Comme les années précédentes, une série de maisons de quartier seront ouvertes plus tard pour permettre à celles et ceux qui le souhaitent d’y préparer leurs examens. La commune a fait savoir aux mosquées avec lesquelles elle est en contact que la réussite à l’école est prioritaire. On a fait passer le message dans les écoles aussi", explique le cabinet du bourgmestre schaerbeekois Bernard Clerfayt (DéFi). Du côté de Molenbeek, l’échevine des Affaires néerlandophones Annalisa Gadaleta (Ecolo-Groen), a également fait remettre dans les écoles communales néerlandophones un avis aux parents en ce sens.

Les élèves musulmans en période d’examen qui observent le jeûne du ramadan peuvent reporter une partie de leurs jours de jeûne si la chaleur devient insupportable, avait fait savoir, l’an dernier, le Conseil des Théologiens, via l’EMB. Une autorisation qui est de nouveau de rigueur cette année, a assuré vendredi son président Salah Echallaoui.