Un projet de délivrance médicale pour certains patients

LIEGE La ville de Liège et l'asbl Fly-Tox se penchent sur un protocole scientifique de délivrance d'héroïne sous contrôle médical. Un projet qui s'inscrit dans un travail de terrain quotidien, comme l'explique le docteur Roland Riffon: ` Cela fait onze ans qu'on accueille des personnes dans notre service à Liège. Au départ, c'était un dispensaire de médecine sociale. Nous avons évolué suivant les personnes qui venaient nous voir et nous avons commencé les traitements à la méthadone. Nous sommes donc conscients du travail à effectuer face aux personnes toxicomanes.´

Le projet de délivrance médicale d'héroïne s'inscrit donc dans une continuité: ` Nous n'en sommes qu'à l'ébauche du projet et il y a de nombreuses étapes administratives et législatives à dépasser avant qu'il y ait une réalisation sur le terrain. Nous croyons à ce projet parce qu'il y a de nombreux toxicomanes qui ont envie de s'en sortir et qui viennent nous voir. L'idée de notre projet est de vendre au prix du marché à ces personnes de l'héroïne de qualité. Il y aura évidemment un encadrement des personnes et un lieu adéquat sera choisi. Nous n'en sommes évidemment pas encore là. Nous n'aiderons que les personnes qui sont motivées et qui veulent s'en sortir.´

Le cabinet Maréchal

pose des conditions

Au cabinet de Nicole Maréchal, on trouve le projet intéressant et on rappelle quelques règles pour encadrer un tel projet: ` Cela ne peut se concevoir que pour les personnes qui souhaitent quitter le monde de la drogue et qui ont déjà essayé toutes les solutions sans résultat. Ce projet doit être vu comme une façon de quitter la délinquance. Il est évident qu'il ne peut s'intégrer à un projet qui toucherait les mineurs. Il faut être très prudent dans ce type de problématique et toujours axer l'action vers l'avenir des toxicomanes et leur réinsertion dans la vie.´

Le débat est donc ouvert et les autorités politiques fédérales, régionales et locales ne manqueront pas de suivre d'un oeil vigilant les suites de ce dossier

© La Dernière Heure 2002