Mort d'un écrivain fantastique
- Publié le 03-03-2002 à 00h00
Thomas Owen,
le père du roman fantastique belge
s'est éteint à 91 ans
BRUXELLES L'écrivain Thomas Owen (alias Gérald Bertot) est décédé à l'âge de 91 ans.
Détenteur d'un diplôme de droit, Thomas Owen a débuté sa carrière en publiant des romans policiers à la demande de Stanislas-André Steeman. Ces premiers romans seront publiés sous le pseudonyme de Stéphane Rey, pseudonyme sous lequel il publiera également près de 10.000 articles de critiques d'art.
Parmi les premiers romans de Thomas Owen, on retrouve Gordon Olivier mène l'enquête et Ce soir, huit heures dont le commissaire s'appelle... Thomas Owen.
Ensuite, l'écrivain se tournera vers les romans littéraires avant de percer dans le domaine du fantastique. Un genre qui lui vaudra la gloire et quelques adaptations cinématographiques. Ainsi, en 1982, Meurtres à domicile, de Marc Lobet, s'inspirait du roman Hotel meublé. Bernard Giraudeau et Anny Duperey en tenaient la vedette.
Après la Seconde Guerre mondiale, Thomas Owen-Gérald Bertot devient Président de l'Association Générale des Meuniers Belges, administrateur, directeur et président des Moulins de Trois Fontaines. A cette époque, le temps lui manque pour écrire. Cependant, petit à petit, ses différents récits fantastiques le font connaître dans le monde entier. En 1972, il reçoit le prix Sander Pierron de l'Académie royale pour La truie. En 1993, la ligue d'improvisation a monté un spectacle inspiré de dix contes de l'auteur. Nombre de ses livres ont été adaptés au cinéma.
Tout au long de sa brillante carrière, Thomas Owen a refusé de se prendre au sérieux.
L'étrange, disait-il, c'est tout ce qui gêne, tout ce qui vous met dans un état de demi-plaisir, d'inquiétude, de curiosité aussi. C'est autre chose que le fantastique qui est l'irruption de l'inattendu dans le quotidien. L'étrange ce n'est pas une irruption, c'est plutôt une espèce de corruption du quotidien. (...). Tout vient du quotidien. Le quotidien est le fumier où fleurissent, où pourrissent toutes les pensées humaines. L'étrange se nourrit du sens de l'observation psychologique de l'âme humaine. Tous les gens que j'approche, j'essaie de percer leurs secrets. Et d'ajouter que le goût de l'étrange n'est pas l'apanage des gens nocturnes: j'aime les côtés sombres de l'existence. Je ne suis pas un homme de clarté, un homme de soleil mais je ne suis pas un oiseau nocturne.
