Mondial espoirs Kevin Pauwels, le récidiviste

Jean Bernard

Wesley Van der Linden

a commis une faute

à quelques encablures

de l'arrivée

PONTCHÂTEAU Tous les observateurs attendaient Wesley Van der Linden, vainqueur à sept reprises cette saison, sur la plus haute marche de ces Championnats du Monde espoirs: c'est pourtant Kevin Pauwels, 19 ans, qui a été sacré hier champion du monde, deux ans après avoir décroché le titre suprême chez les juniors, à Zolder.

Ce qui devait constituer la consécration de Van der Linden chez les espoirs, s'est terminé en faute technique. Dans le dernier kilomètre, il était gêné par le Japonais Kazuhiro Yamamoto et mettait pied à terre, laissant s'envoler Kevin Pauwels et le Polonais Gil.

Ce titre échoyait finalement à Pauwels qui finissait en solitaire devant le Polonais Mariusz Gil et le champion d'Europe, le Tchèque Martin Zlamalik.

Dès le début, ce championnat allait s'avérer passionnant et très tactique. Tout d'abord en raison des conditions de course: les fortes pluies de ces derniers jours avaient rendu le terrain lourd et glissant. Dès la première bosse, Van der Linden, le champion de Belgique, et l'Italien Enrico Franzoi, champion du monde en titre, chutaient. Dix coureurs prenaient alors la tête parmi lesquels Kevin Pauwels et Klaas Vantornout. A la mi-course, alors que Van der Linden et Franzoi revenaient, le Français Sébastien Minard plaçait une attaque. Pauwels et Van der Linden revenaient en compagnie de Gil mais n'arrivaient pas à lâcher Gil et Minard. Il fallait finalement attendre les derniers mètres pour voir Pauwels partir. Tentant de le suivre, Van der Linden dérapait à nouveau dans l'ultime bosse. Dégoûté, le favori de l'épreuve mettait pied à terre dans cette portion et se faisait dépasser par nombre de coureurs, ne finissant qu'à une piètre (pour lui) dixième place.

"Je n'aurais jamais osé rêver de ce titre. J'ai très vite vu que j'avais les jambes pour faire la course devant. Je n'ai jamais paniqué. Van der Linden ne m'a jamais parlé. Je lui ai demandé de prendre la tête mais il m'a répondu qu'il ne savait pas. Par ailleurs, j'ai veillé à ne pas me brûler trop vite et à ne pas répondre aux attaques trop précipitamment", expliquait le citoyen de Kalmthout, radieux, à la fin de la course.

"Je pensais que tout était perdu dans la première bosse mais quand je suis revenu, j'ai repris espoir", commentait pour sa part Van der Linden. "A la fin pourtant, je ne pouvais rien faire d'autre que d'attendre le sprint."

Il semble en tout cas que des pourparlers débuteront prochainement entre le nouveau champion du monde des moins de 23 ans et Hans Van Kasteren, le manager de Spaar Select. "Kevin figure en tout cas à une bonne place sur notre liste de renforts potentiels."

© Les Sports 2004

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