Le second souffle du verre
- Publié le 02-09-2004 à 00h00
En créant Cimaver en 1999, Albert Mengeot a voulu sauver le métier de souffleur
HOUDENG Le pari était grand Albert Mengeot l'a tenté. Et ça a marché.
Alors que les entreprises dans lesquelles on travaillait le verre manuellement avaient disparu une à une, Albert a décidé de créer, en 1999, Cimaver, la seule entreprise où l'on souffle encore le verre en Belgique.
"J'ai fait des études d'ingénieur. J'ai travaillé chez Glaverbel, aux cristalleries du Hainaut et chez Verlipack. J'ai suivi des formations propres au verre", raconte-t-il.
Albert a commencé presque seul. Aujourd'hui, douze personnes travaillent dans sa société. "Nous avons rapidement compris que nous devions nous tourner vers les nouveaux marchés c'est-à-dire les pièces plus difficiles. 50% de notre chiffre d'affaires est réalisé avec les flacons de parfums géants utilisés pour les campagnes de pub. Ceux-ci ne peuvent pas être vendus à des particuliers parce que le moule nous est fourni. Au début, nous avions commencé à fabriquer des objets pour les listes de mariage. Mais, cela n'a pas marché, d'autant plus que la plupart des magasins que nous livrions ont fait faillite. En fait, nous nous sommes vite rendus compte qu'il n'était pas rentable de travailler avec nos moules. Ceux-ci coûtent trop cher."
L'emballage de l'alimentaire est aussi un créneau pour Albert. "Mais pas de n'importe quel produit!, s'exclame-t-il. Il y a notamment le cognac, le foie gras."
Les globes, qui peuvent abriter des fleurs découpées, des poupées, des objets de décoration, sont également fabriqués.
La communication par les objets permet aussi à Cimaver de vendre. "Par exemple, nous avons réalisé le cadeau de fin d'année du Crédit agricole", note le responsable de l'entreprise.
Le marché n'a pas été le seul à évoluer. "Disons que maintenant, on demande aussi à une entreprise comme la nôtre de s'occuper de la décoration", ajoute Albert.
Dès 2000, Cimaver s'est, ainsi trouvé nombre de clients, essentiellement à l'étranger (80%). "Nous avons juste connu un petit frein en 2003 à cause des événements du 11 septembre. Des projets de pub existaient pour les parfums mais ne se lançaient pas à cette période. Une marque en avait un, par exemple, en juin 2003. Celui-ci vient, finalement, à peine de se concrétiser."
Actuellement, avec un chiffre d'affaires de 550.000 euros, cela a bien repris. Chaque jour, environ 500 verres et 50 à 100 pièces plus particulières sont fabriqués.
© La Dernière Heure 2004
