175 ans pour Dandoy
- Publié le 26-10-2004 à 00h00
La biscuiterie artisanale belge la plus célèbre du monde cuit encore des biscottes
BRUXELLES Ucclois d'origine, Jean-Baptiste Dandoy, jeune artisan boulanger, choisit pourtant le centre-ville pour y installer son commerce en 1829. Ses descendants, déjà la sixième génération de la biscuiterie artisanale belge la plus célèbre du monde, ont conservé cette habitude, mais ils retrouvent aussi les racines ancestrales: ils viennent d'ouvrir un magasin à la place Saint-Job à Uccle.
Il y a tout juste 175 ans, Jean-Baptiste a ouvert sa boutique au 19 de la rue Marché aux Herbes. Il y prépare son pain, des biscottes et il propose aussi quelques pâtisseries locales, notamment le dessert du pauvre, le fameux pain à la grecque, ce brood van de gracht ou pain du fossé mal traduit, gracht devenant grecque. Quasiment au début ou presque, il expose en son étalage de succulents speculoos. Les générations suivantes ont en effet conservé des moules datant de 1850.
En 1858, Dandoy déménage et installe boutique et ateliers au 31 rue au Beurre, qui est encore aujourd'hui la maison-mère de la biscuiterie. A l'époque de la guerre, le quartier de la Grand-Place comptait neuf fabricants de speculoos et de pain d'épice. Dandoy est le seul survivant. Il est devenu au fil des ans le symbole de la biscuiterie belge de luxe. La boutique de la rue au Beurre a vu défiler les stars comme les têtes couronnées. La maison fut aussi fournisseur de la Cour et, appréciée par l'actuelle famille royale, envisage de redemander cette appellation prestigieuse.
Aujourd'hui, l'affaire est encore 100% familiale et entre les mains de la sixième génération. Christine Dandoy et Bernard Helson en tiennent les rênes.
Si la maison mère compte encore un bon lot de Bruxellois, de fidèles et d'inconditionnels, la succursale de la rue Charles Buls, de l'autre côté de la Grand-Place accueille en majeure partie des touristes. "Les Anglais adorent le ginger bread. Quand un Japonais achète, le reste du groupe doit avoir la même chose", explique M. Helson.
Ce qu'on sait moins, c'est que Dandoy est aussi le dernier à cuire des biscottes de manière artisanale. Chaque mois, il en cuit quelque deux tonnes et demi. Le gros de la production part pour la France, Dandoy est en effet le producteur de biscottes de la marque de boulangerie française Poilâne. Le reste est acheté par la clientèle plus âgée du magasin. Autrefois nous livrions même les homes et CPAS bruxellois, mais les coûts de production de cet artisanat ont mis fin au commerce. Ce sont des habitués qui nous les achètent au magasin."
© La Dernière Heure 2004
