Boom écrase le monde

Espoirs

Le Néerlandais a dominé la course, Albert est 2e

HOOGLEDE-GITS L'indécision a duré un quart d'heure mais dès le début du troisième des sept tours que les concurrents avaient à couvrir, les choses sont apparues évidentes : quatre ans après être devenu champion du Monde chez les juniors, à Monopoli dans le sud de l'Italie, Lars Boom filait droit vers le titre suprême chez les espoirs.

Le duel annoncé entre notre compatriote Niels Albert et le longiligne Néerlandais (1m91), match dont aurait pu profiter le Tchèque Stybar pour enlever une troisième couronne consécutive, tournait court. Stybar ne fit illusion qu'un tour à peine, en se glissant dans le quintet (aux trois hommes s'ajoutaient le Français Villa, futur médaillé de bronze, et l'Italien Visinelli) qui s'était formé en tête après un départ ultra-rapide et une chute qui avait coupé le peloton en deux. "Mes sensations durant ce premier tour n'étaient pas si bonnes que cela, avouera ensuite Boom. Mais heureusement, j'ai bien vite senti que cela allait mieux. Puis, quand Niels a eu ses ennuis dans le sable, je n'ai pas hésité. L'écart a bien vite augmenté et je n'ai plus réfléchi."

À la fin du second tour, Albert avait en effet concédé dix secondes après deux fautes techniques consécutives, il n'allait jamais s'en remettre. Le Brabançon se lança en poursuite du coureur de la Rabobank, de quelques mois son aîné puisque Boom a déjà 21 ans et qu'Albert ne les aura que le mois prochain. Mais, irrémédiablement, l'écart augmenta entre les deux hommes tandis que leurs suivants pliaient aussi. D'abord seconde par seconde puis de manière plus définitive.

À la mi-course, Albert concédait déjà 22 secondes à son adversaire. À l'arrivée, une minute s'était ajoutée à ce retard. Une différence inattendue et même énorme à ce niveau entre deux hommes qui dominent la catégorie.

Pour Boom, qui cette saison avait privilégié la route où il a connu une belle réussite (cinq succès dont le Triptyque des Monts et Châteaux et deux tours, l'un en Allemagne, l'autre au Portugal) au point d'hésiter entre les deux disciplines, et n'avait couru que six cross avant ce mondial (dont le championnat national néerlandais où il a battu les pros), ce succès signifie un prochain retour plus régulier dans les labourés. "Je ferai une saison de cyclo-cross plus dense l'an prochain, assurait-il. J'aimerais un jour égaler le record de Radomir Simuneksr qui a été sacré chez les juniors, les espoirs et les pros."

Le Néerlandais est bien parti puisqu'en plusieurs circonstances il a déjà fait jeu égal ou battu son équipier Sven Nys, auquel il rend sept ans. L'avenir lui appartient donc, comme il appartient également à Niels Albert, manifestement déjà moins formé physiquement que son adversaire.

Les autres Belges ont connu des fortunes diverses. Si, comme on le lira par ailleurs, le Tournaisien Quentin Bertholet (17e) a réussi une splendide prestation (n'oublions pas qu'il est le plus jeune de la sélection et restera encore deux saisons chez les espoirs), et si Tom Van Den Bosch a fini bon 15e, deux autres Belges ont joué de malchance. Rob Peeters finit 8e, mais le neveu de Wilfried, aurait pu faire mieux puisqu'à l'entame du dernier tour, il pointait en 5e position avec Rafaele Visinelli qu'il ne put éviter lorsque l'Italien fit un tout droit dans un virage. Dans l'aventure le Campinois perdit trois places. "Je suis déçu, avouait-il. Cinquième, c'est nettement mieux que 8e."

Dieter Vanthourenhout, le neveu de Sven, avait, lui, encore plus de raison de se montrer déçu. Dans le 2e tour, le jeune Flandrien qui occupait alors la 7e place avait cassé sa roue arrière en sortant du poste à matériel ce qui l'obligea à réparer lui-même et lui fit perdre un temps précieux et de nombreuses places (25e au final).

Eric de Falleur

Le duel annoncé entre le Néerlandais Lars Boon et notre compatriote Niels Albert a tourné à l'avantage du premier. Déjà sacré chez les juniors, le nouveau champion du monde espoir rêve de titre chez les pros. (AP)

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...