Le mythe des 3 % de déficit enfin percé

Un haut fonctionnaire français a élaboré cette règle en moins d’une heure

FINANCES PARIS Le journal Le Parisien – Aujourd’hui en France a publié un récit hallucinant hier. D’après le quotidien, la fameuse règle des 3 % de déficit a été inventée par un certain Guy Abeille (petite photo) en 1981, en moins d’heure, sur un coin de table. Aujourd’hui, cette règle fait trembler les gouvernements, influe largement sur les politiques d’investissements… Haut fonctionnaire à la direction du Budget, en France, cet économiste explique que le concept aujourd’hui imposé à l’ensemble des pays membres de l’Union européenne est né d’une demande de François Mitterrand, alors président de la République française. “On a imaginé ce chiffre de 3 % en moins d’une heure. Il est né sur un coin de table, sans aucune réflexion théorique”, explique ce sexagénaire aujourd’hui homme au foyer.

“C’était un soir de mai 1981. Pierre Bilger, le directeur du budget de l’époque, nous a convoqués avec Roland de Villepin. Il nous dit : Mitterrand veut qu’on lui fournisse rapidement une règle facile qui sonne économiste et puisse être opposée aux ministres qui défilaient dans son bureau pour lui réclamer de l’argent. On avait besoin de quelque chose de simple.” La relation au produit intérieur brut (PIB) est alors choisie car “en économie, tout le monde se réfère au PIB”.

Guy Abeille poursuit son incroyable histoire. En France, “on allait vers les 100 milliards de francs de déficit. Ça représentait plus de 2 % de déficit. 1 % ? On a éliminé ce chiffre, impossible à atteindre. 2 % ? Ça nous mettait trop sous pression. 3 % ? C’est un bon chiffre, un chiffre qui a traversé les époques. Cela faisait penser à la Trinité.” Guy Abeille explique ensuite que François Mitterrand avait demandé une norme. “On la lui a donnée. On ne pensait pas que cela allait déborder au-delà de 1981.” Laurent Fabius aurait alors relayé le concept. “100 milliards de déficit, c’était énorme. Il a préféré parler de 2,6 % du PIB.” “C’est Mitterrand qui le reprendra à son compte, lui donnant sa légitimité. Plus tard, cette référence sera théorisée par des économistes et reprise dans le traité de Maastricht, devenant un des critères pour pouvoir intégrer la zone euro.”

M. L.

La question du déficit a souvent opposé la France et l’Allemagne. reporters

Guy Abeille déballe tout.

Les plus consultés

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be