BMW moins pessimiste que les généralistes
- Publié le 24-04-2020 à 13h40

Après le patron de Hyundai mercredi, c'est avec le celui de BMW Belgique que nous avons conversé ce vendredi pour faire le point sur la crise. Eddy Haesendonck se dit loin d'être abattu par la situation, réfléchissant plutôt aux opportunités pour son groupe…
« Comme toujours lors des grandes crises, il y a des opportunités qui se créent », confirme-t-il. « Ce sont toujours les plus forts qui s'en sortent le mieux, et BMW était clairement en plein boom avant le confinement. Nous avons fait une fin d'année 2019 exceptionnelle et 2020 débutait de la même manière grâce à des produits bien en phase avec la demande, notamment nos hybrides rechargeables. Nous attendons donc avec impatience la reprise pour reprendre cette marche en avant. En attendant, nous mettons cette période de calme relatif à profit pour finaliser notre transition vers le digital. Avant la crise, certains de nos concessionnaires, par exemple, étaient encore un peu réfractaires à la mise en place d'un service après-vente 24H/24 et donc possiblement sans contact avec le personnel. Désormais, tout le monde trouve cette possibilité très positive : on peut déposer sa voiture à minuit pour un entretien et repartir avec une auto de remplacement dont on reçoit la clé via une boîte sécurisée. »
Bien sûr, BMW Belgique s'attend malgré tout à souffrir cette année. Mais moins que les généralistes comme Hyundai. « C'est logique : à chaque crise, on voit que ce sont les particuliers qui reportent le plus leurs achats. Or, nous vendons 75% de nos voitures aux entreprises et aux indépendants. Nous devrions donc être un peu moins impactés que ceux qui vendent majoritairement aux privés. Je table sur une baisse de nos ventes de l'ordre de 20% en 2020. Ce sera très dur, notamment pour nos concessionnaires qui étaient déjà tellement sous pression ces dernières années, mais nous passerons ce cap. Il est cependant essentiel que nos gouvernements fixent enfin une politique fiscale claire car l'incertitude et les différences entre les régions à ce niveau rendent les choses encore plus difficiles. Du moment que c'est raisonnable, j'ai envie de dire que peu importe ce qui sera décidé : il faut juste qu'on y voit clair et qu'on ait enfin un cadre stable. Cela aidera le secteur automobile, deuxième plus grand pourvoyeur d'emplois de ce pays, à passer la crise avec moins de dégâts. »
Enfin, à propos des effets à plus long terme de la crise sanitaire sur l'automobile, Eddy Hasendonck ne pense pas qu'il y aura un impact particulier. « Certaines personnes vont peut-être acheter une voiture ou une moto pour éviter de devoir prendre les transports en commun, comme cela se voit déjà en Chine, mais d'un autre côté, le télétravail que nous pratiquons tous en ce moment prouve que dans bien des cas, on peut très bien travailler sans se déplacer. Donc je pense que l'un va compenser l'autre et qu'au final, on devrait vendre à peu près le même nombre de voitures qu'avant. »
