Les chauffeurs de bus scolaires plus distraits que les autres selon Vias : en Wallonie, 200 circuits scolaires ne sont pas dotés d'un accompagnateur
Selon le ministre Desquesnes, il s'agit dans ce cas de circuits impliquant un nombre très limité d'enfants. Parfois un seul

- Publié le 05-06-2026 à 14h24

Alors que l'enquête concernant le drame de Buggenhout est encore en cours pour tenter de déterminer les raisons pour lesquelles le chauffeur a franchi les barrières, pourtant baissées, du passage à niveau, l'institut Vias mène actuellement une étude sur la distraction des conducteurs de bus scolaires.
Chaque année en effet, on compte un peu plus de 400 décès dans des accidents de la route en Belgique. Et la distraction (GSM au volant, discussion avec un passager, enfants turbulents à l'arrière…) est considérée comme l'un des facteurs qui contribuent le plus à la survenue d'un accident de la route.
Les accidents impliquant un bus sont relativement rares en Belgique. En 2025, on aurait recensé 147 accidents avec blessés avec un bus (scolaire ou non) impliqué. Précisons que les blessés n'étaient pas tous des passagers des bus : dans de nombreux cas, la victime est un usager faible (vélo ou piéton) percuté par l'engin.
Néanmoins, estime Vias, s'intéresser à la distraction des chauffeurs de bus scolaires n'est pas anecdotique. Pour mener cette étude, l'Institut Vias a sondé de nombreux chauffeurs et leur a demandé comment étaient organisés les voyages. "Il s'avère que les sources de distraction pour les chauffeurs de bus scolaires sont nombreuses, commente Benoît Godart. Il y a d'abord le bruit qui peut parfois masquer certains bruits de la route (NDLR : klaxon, sonnette, sirène d'ambulance,…) et parfois du désordre et des chamailleries entre élèves."
Problème, relève-t-on dans les premiers constats de l'enquête, il arrive souvent que ce soit le chauffeur de bus qui doive faire respecter le calme dans le bus. "Il y a parfois des accompagnateurs mais ce ne serait pas toujours le cas. Et dans les témoignages que nous avons recueillis, ces accompagnateurs laissent parfois trop faire dans le bus. C'est alors au chauffeur de faire régner l'ordre, ce qui est une source de distraction supplémentaire alors que la conduite d'un bus mérite une attention accrue."
Sur 950 circuits de bus scolaires en Wallonie, 200 ne sont pas dotés d'un accompagnateur
Interrogé mardi par la députée socialiste Valérie Dujardin, en commission de la Mobilité, le ministre wallon François Desquesnes a précisé qu'actuellement, il existait 750 circuits accompagnés au sein du transport scolaire en Wallonie. "Ceux-ci sont principalement, mais pas exclusivement, dédiés au transport des élèves de l'enseignement spécialisé. Environ 200 circuits complémentaires de plus petite taille ne sont pas accompagnés. Il s'agit dans ce cas de circuits impliquant un nombre très limité, voire extrêmement limité, d'enfants – quelquefois même, un seul."
Selon le ministre, les agents d'accompagnement sont des agents du SPW qui bénéficient de formations dispensées durant les périodes de congés scolaires par le SPW et par l'École d'administration publique. "Celles-ci portent notamment sur le secourisme, la gestion des conflits, la sensibilisation aux différentes formes de handicap ainsi que sur les droits de l'enfant et les besoins spécifiques du public transporté. "
Chaque année, 85 millions d'euros sont investis par la Wallonie dans l'accompagnement des bus scolaires.
