"Il n'y a pas de norme pour le thon en conserve": l'Afsca est étonnée par l'éventualité d'un nouveau scandale sanitaire
L'Afsca s'étonne des résultats des analyses de l'ONG Bloom, d'autant que la norme de 0,3 mg de mercure par kilo n'existe pas.
- Publié le 30-10-2024 à 06h35

Les résultats des analyses menées par l'ONG Bloom sur la teneur en mercure des conserves de thon ont de quoi effrayer. "L'organisation déclare que la moitié des échantillons analysés dépassent la norme autorisée avec une teneur supérieure à 0,3 mg/kg de produit. Mais cette affirmation est incorrecte car cette norme n'existe tout simplement pas. Il n'y a tout simplement pas de norme pour le poisson transformé donc cette conclusion alarmiste est fausse. La norme européenne ne concerne que le thon frais et est fixée à 1 mg/kg", détaille Kathy Brison, porte-parole de l'Afsca.
Si l'on se réfère à cette norme, applicable au thon frais, et qu'on la transpose au thon en conserve, sur les 148 échantillons analysés, 15 dépassent la teneur maximale autorisée. "On ne nie pas qu'il y a des traces de mercure dans le thon, mais nous effectuons chaque année plus de 300 analyses sur les espèces de poissons commercialisées en Belgique. On se base sur des analyses de risques et on se penche aussi sur les espèces les plus consommées. L'an dernier, sur l'ensemble des analyses effectuées sur le thon frais, 100 % des résultats étaient conformes. Il n'y a donc pas lieu de paniquer et de craindre pour sa santé en consommant du poisson. On n'a pas effectué d'analyses sur le thon en boîte car il n'y a pas de norme. Il n'y a pas non plus d'usine de transformation du thon en boîte en Belgique. Ces industriels sont tenus de vérifier la teneur en mercure du thon qui entre dans leurs usines."
Faut-il prendre des mesures préventives?
Quant à savoir s'il faut prendre des mesures préventives, revoir la norme ou retirer les produits des rayons des supermarchés, l'Afsca ne se prononce pas. "S'il faut revoir la norme, c'est au SPF Santé publique de prendre la décision. Cela ne nous incombe pas. Il faut aussi rappeler que le Conseil Supérieur de la Santé rappelle que, même s'il y a des traces de contaminants dans les poissons, il est toujours recommandé d'en manger deux fois par semaine. Ce serait malheureux que le consommateur n'en mange plus suite à cette analyse, d'autant que le thon en conserve reste le poisson le plus consommé en Belgique et qu'il est relativement abordable par rapport à d'autres espèces."
Du côté de la grande distribution, on préfère ne pas se prononcer non plus sur d'éventuelles mesures à prendre. "Nous n'avons pas connaissance de la manière dont ces analyses ont été effectuées et nous n'en avons pas les résultats intégraux. Il est possible que certains échantillons présentent une teneur trop élevée en mercure, mais de là à bannir l'ensemble des références en prétendant qu'elles sont dangereuses, il y a de la marge. Nous nous référerons aux décisions de rappel de produit comme c'est le cas à chaque fois qu'un risque ou un problème est avéré, mais nous n'avons reçu aucune consigne à ce sujet pour le moment."
