Énergie : une accalmie trompeuse pour le gaz ? Voici quel contrat choisir pour (déjà) se protéger en vue de l'hiver, "vers une longue phase haussière"
Les prix de l'énergie se stabilisent… en apparence. Entre incertitudes géopolitiques et stratégies contractuelles, les experts appellent à la prudence.

- Publié le 18-04-2026 à 06h42

Le marché de l'énergie semble retrouver un certain calme, surtout pour le gaz. Mais derrière cette accalmie, les signaux restent préoccupants, selon Damien Ernst, professeur à l'Université de Liège. "On a un prix relativement modéré aujourd'hui, mais il repose sur l'hypothèse que les flux de pétrole et de gaz vont rapidement revenir à la normale. Or, ce n'est pas le cas. Chaque jour, on réduit les réserves, de l'ordre de 7 à 8 millions de barils. À un moment donné, ce déséquilibre devra être corrigé, sinon on risque une pénurie", prévient-il.
L'expert met en garde contre une illusion de sécurité. "C'est comme quelqu'un qui traverse le désert avec encore de l'eau, mais de moins en moins. Il pense atteindre une oasis bientôt. Si elle est plus loin que prévu, la situation peut devenir dramatique."
Des prix plus calmes… pour l'instant
Du côté des contrats, la situation s'est stabilisée en avril. "On n'a vu aucun fournisseur modifier ses tarifs en cours de mois. C'est un signe qu'ils ont retrouvé un certain équilibre", observe Maxime Sonkes, CEO de comparateur-énergie.be.
Après des hausses marquées — environ + 12 % pour l'électricité et + 31 % pour le gaz —, les prix évoluent désormais dans une fourchette plus étroite. "On a le sentiment que le cap de la crise est passé, même si on reste sur des niveaux élevés. Le marché oscille légèrement, mais reste globalement stable."
Pour les mois à venir, il anticipe peu de changements. "Je m'attends à un copier-coller des tarifs actuels pour mai et juin, avec quelques ajustements à la marge."
Contrat fixe ou variable : un choix stratégique

Pour les consommateurs, la question clé reste le choix du contrat. Et les avis invitent à la prudence. "Si votre contrat arrive à échéance, vous n'avez pas le choix, il faut renouveler. Deux options existent : soit un fixe, plus cher aujourd'hui mais sécurisant, soit un variable en espérant une baisse", résume Maxime Sonkes.
Mais cette baisse reste incertaine. "Je pense que le conflit va durer et que les prix ne diminueront pas significativement d'ici l'hiver. On est probablement dans une nouvelle phase haussière qui peut durer plusieurs mois, voire plus longtemps."
Même constat du côté de Damien Ernst. "Même si la situation se résout demain, il faudra des mois pour relancer la production et stabiliser les marchés", avance-t-il.