Attaque dans les Yvelines: le suspect et quatre de ses proches entendus par les enquêteurs, son profil en question

- Publié le 24-10-2026 à 16h27
- à Paris, France

L'homme ayant tué une personne et fait cinq blessés vendredi dans les Yvelines, lors d'une attaque qualifiée de "terroriste raciste" par Emmanuel Macron est entendu par les enquêteurs, qui tentent de cerner son profil, tandis que quatre de ses proches sont également auditionnés.
La garde à vue du principal suspect, Kévin T., âgé de 39 ans, a été prolongée samedi "matin après une première audition", a indiqué le parquet national antiterroriste (Pnat) en expliquant que "son état de santé a été jugé compatible" avec cette mesure.
Selon le Pnat, quatre membres de son entourage familial et amical ont également été placés en garde à vue. Parmi eux, figurent la mère et la père du tireur, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.
Au cours de son "périple meurtrier" commencé vendredi vers 10H00 à Trappes et qui s'est poursuivi dans la commune voisine de La Verrière, Kévin T. a tiré en rafales dans la rue depuis sa voiture, tuant une personne noire, un Français de 26 ans d'origine africaine, et en blessant cinq autres.
Le maire de La Verrière, Nicolas Dainville a précisé qu'une enfant de 12 ans figure parmi les victimes, grièvement touchée par huit impacts de balle. "Elle est toujours en urgence absolue", a indiqué le Pnat à l'AFP samedi à la mi-journée.
- Appartement piégé -
Kévin T. a été interpellé à Coignières (Yvelines) vers 10H20 vendredi et placé immédiatement en garde à vue, une mesure qui peut durer 96 heures en matière de terrorisme.
"Une analyse de sang" destinée à vérifier "son imprégnation toxicologique est toujours en cours", a précisé le Pnat, en expliquant que le casier judiciaire de Kévin T. fait mention de "quatre anciennes condamnations".

La perquisition a révélé qu'il avait piégé son appartement - situé à Plaisir (Yvelines) selon une source policière - avec des bouteilles de gaz et des fils électriques connectés à un minuteur. Et dans son véhicule, une Renault Clio, ont été découverts "un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène", selon la même source.
La famille de l'homme tué, Pengo Bossio Wangi, espoir français du MMA âgé de 26 ans, se demande si les autorités avaient ou non mis en place "un suivi" du tireur, a priori "détenteur d'armes de guerre" et "déjà connu des services de police et de la justice", a fait savoir son avocat Yassine Bouzrou.
Elle "se réserve le droit de rechercher toute responsabilité administrative susceptible d'être engagée à raison d'une défaillance établie", a-t-il ajouté dans un communiqué transmis à l'AFP. Cette fusillade a provoqué une onde de choc.
En visite à Trappes, le président Macron a parlé vendredi soir d'un "tournant", évoquant "un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne".
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a dénoncé un "attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe", précisant que "la personne décédée est d'origine africaine" et qu'un des blessés est "d'origine maghrébine". Le maire de La Verrière a lui fait état de deux hommes de ménage, "de type africain", blessés.
- Habitants choqués -
Le Pnat a ouvert vendredi une enquête pour "assassinat" et "tentatives d'assassinats", "en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée".

A Trappes et La Verrière, des habitants se disent choqués et effrayés à l'idée d'être ciblés à l'avenir pour leur origine ou leur couleur de peau.
"Ça aurait pu être n'importe qui, il tirait sur des têtes de Noirs, d'Arabes, il sait qu'ici à Trappes il y a une majorité de musulmans", souffle une jeune commerçante d'origine maghrébine, interrogée par l'AFP.
A six mois de la présidentielle, le maire de Trappes a estimé que "notre responsabilité à tous, c'est la désescalade, la concorde républicaine".
"Le racisme tue", a dénoncé Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, tandis que Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN) à la présidentielle, a estimé que "la justice se devra d'être implacable", évoquant "le mobile abject du racisme".
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