Compulsions alimentaires : "Il suffit de les tourner en auto-hypnose positive et cela change tout"
Manger trop, mal ou de façon incontrôlée est le résultat d'une transe négative. Que l'on peut changer grâce à l'hypnose et à des techniques d'auto-hypnose simples. Le point avec le Dr Eric Mairlot, hypnothérapeute depuis plus de 25 ans.

- Publié le 15-04-2023 à 15h06

L'hypnose vous fait penser encore et toujours à Messmer, ce fascinateur québécois que l'on a vu sur TF1 il y a peu pour un record du monde qui était d'hypnotiser 1 000 personnes en 6 minutes. Et cela vous fait toujours un peu peur ? "Il s'agit là d'une hypnose autoritaire qui agit sur les personnes très réceptives. Rien à voir avec l'hypnose thérapeutique dont on utilise les techniques dans le but d'aider le patient, de transe-former la transe négative en une transe positive axée sur le plaisir, dans le cas les problèmes d'excès alimentaires et de boulimie", rassure le Dr Mairlot, directeur de l'Institut de nouvelle hypnose à Bruxelles. Qui rassemble 14 psychologues et autres professionnels de la santé et propose aussi des outils vidéos sur son site pour aider les personnes à développer des techniques gagnantes d'auto-hypnose.
Le professionnel a vu passer dans son cabinet nombre de patients en perte totale de solutions contre un comportement alimentaire problématique. Il a depuis des années mis au point des techniques d'auto-hypnose qui vont permettre de couper les actes répétitifs et que l'on pense incontrôlables pour y mettre à la place une transe positive, axé sur le plaisir : comme si on choisissait désormais naturellement la qualité de la dégustation d'un produit plutôt que la quantité d'aliments tous azimuts pour combler un trauma ou éviter une émotion par le remplissage. En trois séances, on peut modifier son comportement, c'est spectaculaire. Et pour l'avoir testé, on peut vous dire que cela fonctionne ! Eric Mairlot s'est notamment inspiré du régime paradoxal du Professeur G. Nardone et du travail de G. Apfeldorfer
"ll existe beaucoup d'autres pathologies qui sont des formes d'auto-hypnose négatives : les phobies induisent des pensées très négatives produisant une angoisse très forte". Les cas de trauma (post-accident, post-viol), de troubles sexuels peuvent aussi bénéficier de cet accès direct au cerveau qu'offre l'hypnose. La discipline a un prisme d'action très large : sur le tabagisme, l'addiction aux drogues, le stress, le burnout, l'insomnie. L'un de ses grands atouts ? "On n'a pas besoin de remonter jusqu'à l'origine du trouble ou du trauma. Ce qui fait gagner du temps, cela nécessitera seulement une thérapie courte mais c'est aussi une alternative à la psychothérapie pour les personnes qui ont du mal à parler. D'une part, l'hypnose diminue l'inhibition, la timidité. En fait, on a un objectif et on y va par le trajet le plus court", résume le Dr Mairlot.
L'état hypnotique est en fait un état très créatif. "Parfois quand des patients en sortent, ils me racontent des choses extraordinaires. Dans ces cas, le cerveau est dans un état privilégié qui permet de trouver beaucoup plus de solutions à des problèmes. C'est spontané, cela ne passe pas par la réflexion".
> Le 22/04/23, séminaire sur le thème : poids, boulimie et hypnose par le Docteur Mairlot. Avec des techniques d'auto-hypnose, à l'ULB, à Bruxelles. Infos ICI.