Pourquoi 25 000 personnes envahissent ce petit village de Wallonie chaque été (vidéo)
Les 15 et 16 août, le Festival International des Arts de la Rue de Chassepierre attire près de 25 000 visiteurs dans ce village de seulement 400 habitants. Cirque, théâtre, musique, danse et spectacles investissent les rues, les jardins et les prairies de ce joyau de la vallée de la Semois.
- Publié le 08-08-2026 à 07h02
Vu du ciel, rien ne laisse deviner le raz-de-marée humain qui s'apprête à engloutir ce hameau d'environ 400 d'habitants. Les 15 et 16 août, le Festival International des Arts de la Rue de Chassepierre transformera une nouvelle fois ce village de la vallée de la Semois en un gigantesque théâtre à ciel ouvert.
Pendant 363 jours par an, Chassepierre vit au rythme paisible de l'un des Plus Beaux Villages de Wallonie. Une poignée de maisons en pierre accrochées à la vallée de la Semois, des gîtes, deux restaurants, des chemins forestiers et le chant du ruisseau qui serpente jusque sous les maisons... Puis arrive le Festival de Chassepierre, l'un des rendez-vous incontournables des arts de la rue en Europe.
En quelques heures, les prairies se couvrent de spectateurs, les jardins deviennent des loges, les vergers accueillent des trapèzes et les ruelles se transforment en scènes à ciel ouvert. Depuis 52 ans, le festival fait dialoguer les artistes avec un décor naturel unique.
"Nous parlons toujours de l'esprit Chassepierre, explique la directrice artistique Charlotte Charles-Heep. C'est un festival très familial où l'on retrouve toutes les disciplines : du cirque, du théâtre, de la danse, des marionnettes, de la musique, des déambulations..."

Comment est né le Festival de Chassepierre
Si le festival est né ici, ce n'est pas un hasard. Au début des années 1970, la poétesse Marie Fizenne cherche un village capable d'accueillir une manifestation culturelle. Lorsqu'elle découvre Chassepierre, c'est le coup de cœur. Elle y lance, en 1974, un festival des poètes et romanciers baptisé Poésie = Village. Son successeur, Alain Schmitt, ouvrira progressivement la manifestation aux arts de la rue.
Au fil des décennies, le festival grandit avec son public, sans jamais renier son principe fondateur : faire dialoguer les artistes avec le paysage.
Il faut dire que Chassepierre possède un décor que peu de villages peuvent revendiquer.
"Ce n'est pas seulement un village. C'est un décor, un paysage, une ambiance", sourit Gérard Sauboin, enfant du pays et passionné d'histoire locale.
Et d'expliquer que le nom même de Chassepierre remonterait à l'époque romaine. "On retrouve dans les archives le nom Casa Petra. Petit à petit, le mot a évolué jusqu'à devenir Chassepierre. C'est cette première maison qui aurait donné son nom au village", explique-t-il en désignant la grotte creusée dans le rocher situé sous l'église.

Le Trou des Fées, un dédale de galeries creusées dans le cron, la roche calcaire locale, nourrit toujours les légendes. Plus loin, les anciennes fermes tricellulaires, les toitures à croupettes et les vestiges des moulins rappellent qu'ici, le patrimoine fait autant partie du paysage que de l'histoire.
"Nous réfléchissons aux spectacles en les intégrant au lieu. La technique est presque invisible. Le cadre participe pleinement à l'expérience. On est dans une bulle", explique Charlotte Charles-Heep.
Festival de Chassepierre : à savoir avant de venir
Cette année encore, une cinquantaine de compagnies investiront dix-huit espaces de jeu pour plus de 200 représentations.
Venir en pensant que l'on se laissera simplement porter fonctionne rarement.
Un conseil, toutefois : préparez votre parcours: "Venir en pensant que l'on se laissera simplement porter fonctionne rarement. Les spectateurs s'installent souvent trois quarts d'heure avant les spectacles. Mieux vaut repérer quelques rendez-vous, puis se laisser surprendre entre deux."
À Chassepierre, le spectacle ne commence pas sur scène, il débute dès l'entrée dans le village.
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