"Niveau 4 – Bruxelles Midi" : plongée au cœur de la lutte antidrogue de la zone de police Bruxelles Midi
La nouvelle série documentaire produite par le journaliste flamand Eric Goens révèle le manque de moyens de la police face aux bandes organisées. À voir tous les vendredis à 19 h 50 sur RTL tvi et RTL play.

- Publié le 12-01-2024 à 16h45

Sept ans après Bruxelles, Niveau 4, au cœur de la police de Bruxelles-Ouest, le journaliste et reporter flamand Eric Goens signe une nouvelle série documentaire, Niveau 4 – Bruxelles-Midi, en huit actes, plongeant cette fois le spectateur au cœur de la lutte antidrogue menée par la police de Bruxelles-Midi (Saint-Gilles, Anderlecht et Forest).
Dans ces huit épisodes, les inspecteurs sont confrontés à des situations variées: arrestation en flagrant délit d'un dealer dans la cité du Peterbos, intervention tendue lors d'une prise d'otages dans un café. Chaque jour, ils font face à des situations de plus en plus surprenantes : course-poursuite avec des jeunes pendant la nuit du Nouvel An, enquête sur des cambriolages de voitures récurrents.
Chaque épisode offre un aperçu du quotidien intense et complexe des forces de l'ordre, illustrant parfois les dilemmes moraux et les pressions auxquels elles sont aussi confrontées.

"Sept ans après, la situation est pire", observe Eric Goens avec qui La DH a pu s'entretenir. "Quand on parle avec les policiers, il y a une sorte de désarroi, de désespérance qui fait que c'est devenu très difficile pour eux." La police est confrontée aux problématiques des sans-papiers, de drogue, de mineurs…
"Il y a des milliers de sans-papiers qui ont 30 ou 40 papiers qui leur demandent de quitter le territoire, mais ça ne sert à rien car personne ne quitte le territoire. Mais ils continuent leur crime car cela leur permet de gagner un peu d'argent pour acheter de la nourriture. Les bandes de trafiquants de drogue utilisent les jeunes car jusqu'à l'âge de 18 ans, ils n'ont pas casier judiciaire. Aujourd'hui, ils utilisent aussi les sans-papiers. Tous les problèmes se mélangent : quand on parle de drogue, on parle de sans-papiers; quand on parle de sans-papiers, on parle d'un risque… d'attentat". Le tout fait "qu'aujourd'hui le problème est beaucoup plus grave et complexe qu'avant. Et le devoir du journaliste est d'en parler. On ne construit rien, on constate le problème. Le téléspectateur va voir une image qui ne cache rien."
"Le problème est beaucoup plus grave qu'il y a cinq ou sept ans"
Après avoir passé près de 6 mois avec la zone de police, le journaliste relève le manque criant de moyens dont dispose la police. "Il faut aller plus en profondeur dans le travail. On est confronté à un réseau fortement construit. Or, les moyens policiers, non pas financiers mais de technologie, de capacité, de renseignement… sont trop pauvres pour le combattre", analyse le reporter qui a suivi les policiers lors d'interventions, assis à l'arrière des véhicules avec son caméraman. "Beaucoup de policiers le disent: quand on arrive quelque part, 'on est toujours dernier, et eux sont toujours devant'. On sent de la frustration".
Et le journaliste d'insister : "Ce n'est pas un problème bruxellois mais général dans toutes les grandes villes, en ce compris à Anvers".
Un épisode est à découvrir tous les vendredis à 19 h 50 sur RTL tvi et RTL play.
