Hercule: Huit repas par jour !
Dwayne Johnson s'est sculpté un corps encore plus musculeux pour Hercule Dossier de Patrick Laurent, envoyé spécial en Allemagne.
- Publié le 26-08-2014 à 16h46
- Mis à jour le 26-08-2014 à 23h01
![FOR FIRST USE WITH 3/24 SNEAK PEEK Dwayne Johnson in the title role in a scene from the motion picture "Hercules." CREDIT: Kerry Brown, Paramount Pictures [Via MerlinFTP Drop]](https://www.dhnet.be/resizer/v2/FRAEDZONJZAOTDYJKPXWDCVJCQ.jpg?auth=ba8c6cfbaa7e85ab12919f67366595d66190d5f476fcf4ee440c2677c9a845c0&width=1200&height=800&quality=85&focal=470%2C235)
Un torticolis. Voilà ce que l'on risque le plus en rencontrant Dwayne Johnson pour la promotion d'Hercule dans un palace berlinois. Et pour cause : il faut tout d'abord pencher largement la tête en arrière à s'en faire croquer les vertèbres pour apercevoir le sommet luisant de son crâne, à 193 centimètres de hauteur. Ensuite, des mouvements horizontaux rapides s'imposent, à hauteur de ses épaules. Pour se demander, incrédule, comment une telle carrure parvient à passer les portes…
" Et encore, j'étais nettement plus en forme pour Hercule ", lance-t-il visiblement à l'étroit dans un costume pourtant susceptible de servir de voile à un navire. Pour arriver à un tel résultat, il n'a pas lésiné sur les efforts. Ni sur les calories. " J'ai suivi un régime de huit repas par jour ! C'est énormément de calories pour me permettre de respecter mon programme d'entraînement. Cette préparation a été la plus éprouvante de toute ma carrière. En tant qu'athlète, on se prépare pour un événement, alors que pour Hercule, je devais être au sommet de ma forme pendant 95 jours. C'est très exigeant pour les tendons, pour les genoux, tout le corps et même le système nerveux. À la fin du tournage, j'étais vraiment épuisé. J'ai pourtant plutôt un bon moteur, mais j'étais au bout du rouleau. Tous les jours, il fallait escalader, faire du vélo ou des exercices de dingue à la gym, à des horaires impossibles. Mais c'était amusant…"
Avec, au bout de l'effort, une blessure assez handicapante. " Je me suis entraîné pendant six mois. Et six semaines avant le début du tournage, je me suis déchiré deux tendons dans le bas-ventre. Oui, je sais, ça fait toujours rire. Mais ça n'empêche pas l'amour… (rire). Il a fallu m'opérer d'urgence d'une triple hernie. Je me préparais depuis des mois, mon corps était prêt, et puis ça arrive… Finalement, le tournage n'a été postposé que de deux semaines. C'était déjà compliqué de rester en forme autant de temps, alors, quand on y ajoute la convalescence, cela explique pourquoi j'étais complètement vidé à la fin. "
Heureusement pour lui, Brett Ratner n'a pas misé que sur les muscles saillants et les exploits du fils de Zeus, mais aussi sur son humanité. " Cet aspect humain est ce qui m'a attiré en premier lieu, en plus d'incarner un héros mythologique qui m'a tant fait rêver quand j'étais gamin. La question de base, c'était : Comment montrer Hercule différemment -et mieux, malgré tout mon respect- que lors de tous les films précédents ? Je voulais une version définitive pour cette génération et les suivantes. L'aspect humain est dès lors le plus important, surtout quand on veut déconstruire le mythe. Et si Hercule n'était pas un dieu mais un homme, un mari, un père, qui se bat, crie, saigne, pleure, toutes ces choses que nous faisons tous ? C'était ça le plus intrigant. "
Souriant, disponible, Dwayne Johnson prend manifestement du plaisir à défendre ce projet qui lui tient à coeur depuis toujours. Sans tirer la couverture à lui. " C'est génial de participer à une grosse production comme celle-ci, avec un gros casting. C'est vraiment amusant d'avoir de l'influence sur le choix des partenaires qui rendront le film meilleur. J'aime aussi l'idée, qui participe à l'humanisation d'Hercule, qu'on ne peut pas réussir seul. Le film, en évoquant les Douze Travaux, rend un hommage à l'esprit d'équipe. J'adore ça. Dans le passé, tout était concentré sur Hercule. Alors que l'entourer d'une famille ajoute une super dimension à mes yeux. En plus, la tenue est très libératrice et c'est toujours chouette d'avoir un rôle chevelu (rire)"
Au regard de la taille de ses biscotos, personne n'a osé lui faire remarquer que le port de la jupette de cuir et les cheveux longs n'étaient pas nécessairement les plus courants des fantasmes. On a vu à l'écran ce que cela donnait de le contrarier…
Interview > Patrick Laurent
Le 13e travail d'Hercule
Un péplum spectaculaire, teinté de dérision, pour les fans de films d'action
RÉSUMÉ Et si la légende d'Hercule devait énormément non pas à sa seule force surhumaine, mais à une équipe de mercenaires qui l'entoure et à des récits savamment distillés par son neveu ? Le roi de Thrace, Cotys, doute de son statut de fils de Zeus mais est prêt à lui offrir un pont d'or pour galvaniser ses troupes et l'aider à pacifier la région mise à feu et à sang par un puissant sorcier.
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NOTRE AVIS La question qui revient le plus souvent à Hollywood est : " Comment faire du neuf avec du vieux ? " Brett Ratner a trouvé la réponse en choisissant un des héros les plus classiques qui soient, Hercule, et en racontant sa vie après ses mythologiques 12 travaux. Après la perte de sa femme et de ses enfants, l'autoproclamé fils de Zeus monnaie ses talents dans les contrées barbares de Thrace, en compagnie de quelques mercenaires doués dans l'art de tuer. Qui forment sa seule famille, désormais.
Principal mérite de ce point de départ : dévoiler un héros plus humain, torturé par ses souvenirs, fin stratège mais assez mauvais juge de la nature humaine. Habité par un seul rêve, celui d'une retraite dorée au bord de la mer.
Sur cette base, celle d'un Comics de Steve Moore, Brett Ratner construit une sorte d' Expendables antique, avec un maximum de scènes d'action, une bonne dose d'autodérision, les indispensables trahisons, une pointe de références mythologiques et quelques personnages bien frappadingues. Mais à la différence des Stalloneries , ce péplum tente quand même un minimum de rester crédible. Pas d'intervention divine, donc, ni d'armes d'une autre époque ou de combats qui défient le bon sens : la réputation terrifiante d'Hercule contribue largement à ses exploits, tant les adversaires semblent tétanisés face à lui. Cela dit, le scénario ne vole pas très haut quand même et ne joue pas toujours subtilement du doute sur le fait qu'il soit ou non un être humain comme les autres.
Dwayne Johnson, qui a manifestement le physique de l'emploi, n'impressionne pas du tout, par contre, dans les séquences d'émotion. À l'instar de ses partenaires, monolithiques. Hercule , c'est donc avant tout un péplum remis au goût du jour à la manière des films d'action trépidants. Pas de quoi rester scotché sur son siège, mais cet honnête divertissement pourrait séduire les fans de blockbusters un peu creux mais avant tout spectaculaires.
"J'aimerais traquer les Expendables"
Dwayne Johnson, qui reste ouvert à un retour sur les rings de catch, ne manque pas d'humour
Croiser Dwayne Johnson un soir brumeux dans une ruelle sombre (pas sûr qu'il parviendrait à se glisser dans une ruelle, cela dit…), voilà une expérience de nature à flanquer la trouille de sa vie. Et pourtant, même s'il se montre réellement impressionnant (comme n'importe quel type deux fois plus large que soi), il sait aussi faire preuve d'un joli sens de l'humour. Notamment lors de l'explication de son absence au générique des trois premiers Expendables aux côtés des gros bras d'Hollywood.
" Sylvester Stallone ne me l'a pas proposé. Car il sait qu'ils ne sont pas prêts pour moi, les Expendables (rire). J'adorerais jouer dans ce film, mais alors, pour tenir le rôle de celui qui traque chacun des Expendables. Et croyez-moi, il n'en resterait aucun à la fin (rire)."
Faisant semblant de boire de la vodka, il s'amuse de tout. Y compris de ses tatouages. " C'est une représentation polynésienne spirituelle et émotionnelle de ma vie. Mais elle ne va pas s'allonger au fil de mon existence, sinon j'en aurais sur tout le corps. "
Par contre, c'est tout à fait sérieusement que le septuple champion du monde de catch envisage, à 42 ans, un retour sur les rings. Juste pour le fun. "Oui, tout à fait. C'est une possibilité. Je me suis tellement amusé quand j'ai effectué mon retour trois ans de suite à la Wrestlemania. C'est vraiment un endroit incroyable pour entrer en contact avec le public. Pour l'instant, aucun retour n'est programmé, mais j'y reste ouvert, comme toujours. C'est vraiment amusant à faire tant que je n'ai pas besoin d'un cascadeur pour me doubler… (rire) "
Trouver une telle montagne de muscles, chauve de substitution ne serait de toute façon vraiment pas simple. Sans être fan de son jeu d'acteur, il faut en convenir, Dwayne Johnson possède un charisme assez rare parmi les gros bras d'Hollywood.
P.L.