Sorties ciné du mercredi: voici toutes nos critiques
Black Mass, Le voyage d'Arlo, L'hermine et Je suis soldat sont passés au crible. Découvrez toutes nos critiques.
- Publié le 24-11-2015 à 16h49
- Mis à jour le 24-11-2015 à 19h38

Black Mass, Le voyage d'Arlo, L'hermine et Je suis soldat sont passés au crible. Découvrez toutes nos critiques.
BLACK MASS
RÉSUMÉ Star montante du FBI, John Connelly possède un plan pour éliminer la mafia de Boston : proposer à son ami d'enfance, James Whitey Bulger, un échange de bons procédés. Le caïd de South Boston lui refile des tuyaux qu'aucun autre informateur ne fournirait et, en contrepartie, le FBI ferme les yeux sur toutes ses activités illégales. Un jeu dangereux : sûr de son impunité, Bulger n'hésite plus à passer par les armes quiconque s'oppose à lui ou, simplement, le contrarie.
NOTRE AVIS 4/5 Scott Cooper, le réalisateur de Crazy Heart et des Brasiers de la colère , n'a commis qu'une seule erreur : vouloir à tout prix faire ressembler Johnny Depp au véritable James Bulger. Durant tout le film, le regard s'accroche donc à son crâne quasi chauve et, surtout, à ses yeux bleu glace vraiment déroutants. Impossible de rester de marbre face à ce look trop frappant ou de ne pas penser au travail des maquilleurs. Pas vraiment l'idéal pour un polar construit sur les ambiances malsaines et la noirceur psychologique.
Passé le temps d'adaptation, Black Mass s'avère plus que captivant. Devant nos yeux, un petit truand de quartier sans grande envergure se transforme en monstre impitoyable, qui considère le meurtre comme un simple business, avec la bénédiction de quelques enquêteurs dévorés d'ambition ou coincés dans leur loyauté enfantine.
Ont-ils raison de miser sur la peste pour éradiquer le choléra ? Ou d'être plus fidèles à leurs amis qu'à leur employeur ? À partir de quand la fin justifie-t-elle les moyens ? Les justifie jamais ? Comment s'extirper du piège lorsqu'on a pactisé secrètement avec l'ennemi ? Ces questions deviennent encore plus angoissantes au fur et à mesure que Bulger prend de l'assurance et étend son entreprise de manipulation au-delà de son quartier. Cet homme, " criminel jusqu'à l'os ", possède un pouvoir de nuisance étonnant, basé sur son intelligence tactique, sa vision de la vie comme un jeu d'échecs géant et une absence terrifiante d'humanité.
Même sous un grimage un peu trop flagrant, Johnny Depp lui donne une noirceur qui donne froid dans le dos. Et qui colle parfaitement à la mise en scène glauque et très années 80. C'est tellement bon qu'on dirait presque du Martin Scorsese.
Black Mass (Strictly Criminal), polar, réalisé par Scott Cooper, avec Johnny Depp, Joel Edgerton, Benedict Cumberbatch, Dakota Johnson, Juno Temple, Kevin Bacon, durée 2h03
LE VOYAGE D'ARLO
RÉSUMÉ Et si, voici 65 millions d'années, aucune météorite n'avait frappé la Terre ? Les diplodocus seraient peut-être aujourd'hui des fermiers, les tyrannosaures des cow-- (non pas boys mais)-T-Rex organisant les transhumances, le seul être humain connu, un petit garçon sauvage du nom de Spot, un étrange animal de compagnie pour les géants verts et en particulier pour un jeune dino peureux, Arlo.
NOTRE AVIS 3/5 N'ayons pas peur des mots : l'idée de base est géniale. Le renversement des rôles, même s'il constituait l'esprit même de La planète des singes , n'a jamais été poussé aussi loin dans sa logique, avec des dinos bavards et un garçon qui marche à quatre pattes, hurle à la lune et se comporte en tout point comme un chiot un peu fou.
Cela débouche sur des scènes délicieusement absurdes (le gamin court après un lézard, renifle des pistes ou se sert sans scrupules de son ami comme pont pour franchir un ravin), parfois un peu trash (il arrache la tête d'un insecte géant offert en cadeau à Arlo) ou poétique (le dino fait s'envoler des flopées de lucioles en pleine nuit). Enfin, surtout dans l'entame de l'aventure. Car par la suite, l'intrigue verse dans un classicisme plus attendu d'un dessin animé Disney que d'un Pixar. La famille, le voyage initiatique, la lutte contre ses peurs et l'amitié au-delà des différences constituent en effet les piliers du récit. Même lorsque l'aventure s'autorise un joli détour par le western (avec les T-Rex en gardiens de la plaine et les ptérodactyles en hors-la-loi sans foi ni loi), la petite touche de folie ou d'imagination débridée manque malheureusement.
Au final, assez bizarrement, c'est surtout le réalisme inouï des décors qui marque les imaginations. À ce niveau-là, Pixar ne se contente plus de frôler la perfection. Dommage qu'autant de soin n'ait pas été apporté en permanence au scénario. Le voyage d'Arlo aurait été un chef-d'œuvre et pas juste un divertissement soigné mais insuffisamment inventif pour amuser autant les parents que les enfants.
Le voyage d'Arlo, animation, réalisé par Peter Sohn, avec les voix de Jean-Baptiste Charles, Eric Cantona, Olivia Bonamy et Richard Darbois en vf, durée 1h35
L'HERMINE
RÉSUMÉ Juge À Saint-Omer, Michel Racine (Fabrice Luchini) est craint de tous. Au tribunal, on l'appelle le président à deux chiffres pour sa propension à forcer sur les peines de prison. Aigri, vivant à l'hôtel après avoir été viré par sa femme, il doit présider un procès douloureux, celui d'un père accusé d'infanticide. Surprise ! Dans le jury, il découvre Brigit une femme qu'il a aimée six ans auparavant.
NOTRE AVIS 3/5 Luchini impérial. Il n'y a pas d'autres mots pour décrire sa prestation. Vingt-cinq ans après La discrète , le tandem Christian Vincent/Fabrice Luchini se reforme pour le meilleur dans cette œuvre sensible qui réaffirme les valeurs de la justice et, à travers elle, les vertus de la démocratie. Christian Vincent revient à l'essence de son cinéma, la délicatesse. Il rend en effet un bel hommage à la justice à travers les hommes et les femmes qui sont amenés à la rendre. Très documenté, restant au plus près de la vérité d'un procès, L'hermine rend à la justice sa dimension théâtrale inhérente. Mais va plus loin en se glissant dans les coulisses pour réussir à marier le film de procès et la romance.
L'hermine, film de procès et romance, comédie, réalisé par CHRISTIAN VINCENT, avec FABRICE LUCHINI, SIDSE BABETT KNUDSEN, MICHAËL ABITEBOUL, durée 1h38
JE SUIS UN SOLDAT
RÉSUMÉ Sandrine compte plusieurs mois de chômage. Sans boulot et sans petit ami, elle ne peut plus payer son appartement parisien et retourne à Roubaix dans le giron familial. Pour se rendre compte que là-bas aussi, l'espoir manque, entre sa sœur et son beau-frère qui se saignent pour construire leur maison et squattent chez sa mère qui se fait humilier par un petit chef au rayon boucherie du supermarché local. Elle accepte la proposition de son oncle : travailler avec lui dans son chenil où elle découvre le trafic de chiens venus de l'Est.
NOTRE AVIS 4/5 Ce n'est pas tant parce qu'il s'agit d'une coproduction qui emploie une série de comédiens de chez nous dans des petits rôles que Je suis un soldat nous paraît si belge. C'est parce que son univers est tellement proche du réalisme social bien connu chez nous qu'on peut l'inscrire dans la lignée de Rosetta et de Rundskop .
Si elle n'avait pas déjà été largement exposée par la télévision (Canal +) et Luc Besson ( Adèle Blanc-Sec ), Je suis un soldat aurait pu transcender la carrière de Louise Bourgoin tant elle porte le film à chaque minute. Sans aller jusqu'à la maîtrise des frères doublement palmés ni l'intrigue choc du réalisateur flamand qu'Hollywood n'a pas manqué de s'approprier, Laurent Larivière signe un premier film fort dont les - petites - faiblesses sont largement compensées par la justesse du casting. Une belle promesse.
Je suis un soldat, drame, réalisé par Laurent Larivière, avec Louise Bourgoin, Jean-Huges Anglade, Laurent Capelluto, durée 1h37