Les sorties ciné de la semaine: Robin de Bois, du grand n'importe quoi dénué de charme
Découvrez toutes nos critiques de la semaine.

- Publié le 27-11-2018 à 19h17
- Mis à jour le 27-11-2018 à 19h19

Découvrez toutes nos critiques de la semaine.
Robin Hood, entre "Zorro" et "Arrow"
L'histoire de Robin des Bois, tout le monde la connaît. Mais celle racontée par Otto Bathurst, obscur réalisateur d'épisodes de séries télé, ne se veut pas destinée aux enfants. À mi-chemin entre Zorro (Robin de Loxley feint de soutenir le shérif de Nottingham) et Arrow (pour le look), l'action, assez violente, mélange armes médiévales et touches de modernité de manière assez déroutante. C'est spectaculaire mais gâché par des personnages caricaturalement outranciers, des séquences très dures et d'innombrables incohérences. Du grand n'importe quoi dénué de charme.
Notre avis: Bof
Le Grinch: une nouvelle adaptation inutile
Difficile de comprendre ce qui a poussé les réalisateurs Yarrow Cheney et Scott Mosier à adapter en dessin animé l'œuvre du Dr Seuss, immortalisée au cinéma voici 18 ans par Jim Carrey. Aucune trouvaille graphique ou humoristique ne vient émailler le vol de Noël par le bonhomme vert ronchon et le récit enchaîne les lieux communs moralisateurs, sans se soucier d'apporter d'autres niveaux de lecture. Tout est convenu, cliché, manichéen, sirupeux, d'une platitude effarante. Bref, cela ne s'adresse qu'aux tout-petits, au grand désespoir de leurs parents qui risquent de trouver le temps fort long.
Notre avis: Bof
Lola et ses frères : une merveilleuse comédie tendre signée Jean-Paul Rouve
Sur papier, Lola et ses frères tient de la banale comédie familiale, dont le casting fait plutôt peur. José Garcia, Ramzy, Jean-Paul Rouve et Ludivine Sagnier ne constituent en effet pas une garantie de légèreté dans l'humour ou l'interprétation. Mais à l'écran, les craintes disparaissent immédiatement. Comme dans ses deux précédentes réalisations, Quand je serai petit et Les Souvenirs , Jean-Paul Rouve œuvre dans la délicatesse et la sobriété, mise avant tout sur la justesse des situations et la qualité des dialogues pour faire vibrer intensément nos cordes sensibles. Et le résultat est éblouissant.
Bourreau de travail, plus préoccupé par une faille dans l'immeuble jouxtant un de ses chantiers que par le troisième mariage de son frère avec une femme dont il ne se souvient même pas du prénom, Pierre (José Garcia) voit son monde s'effondrer au moment d'être licencié. Toutes ses valeurs se trouvent remises en questions par une simple décision injuste. Mais il a sa fierté. Alors, il n'en parle ni à son fils, ni à personne.
Des secrets, Benoît (Jean-Paul Rouve) en dissimule aussi quelques-uns. Il va être père et cela ne le ravit pas du tout. Mais à qui l'avouer ? Quant à son goût immodéré pour les gadgets associé à son incapacité à comprendre un mode d'emploi en anglais, il l'amène à faire acheter à ses clients des lunettes de couleur verte contre leur gré.
Leur sœur, Lola (Ludivine Sagnier), trouve systématiquement des excuses à leurs comportements égoïstes. Mais elle aussi vit un drame difficile à avouer. Alors qu'elle rêve de devenir maman, une maladie la prive à tout jamais de cette joie.
En dépit des tensions et des cachotteries, tous les trois se retrouvent toutes les semaines devant la tombe de leurs parents. Le seul endroit où ils trouvent enfin le temps de discuter.
Impossible de ne pas se retrouver dans les personnages si finement décrits par Jean-Paul Rouve et David Foenkinos, tant ils sont criants de vérité et d'humanité. Mais aussi attachants et drôles. Les dialogues, parfois fort mordants, font souvent mouche. Ils permettent de tuer dans l'œuf les tentations de sensiblerie mais aussi de rendre passionnantes et très épicées les confrontations au sein d'une famille pas toujours formidable.
Tout cela est tellement beau, juste, tendre et amusant qu'à nos yeux, Lola et ses frères mérite le titre de meilleur film français de 2018.
Notre avis: Un énorme coup de cœur
Capharnaüm, notre Palme d'or de cœur
Ce film interpellant et brillant commence par une phrase choc, celle d'un petit Libanais illettré et débrouillard, Zain : "Je veux attaquer mes parents en justice pour m'avoir mis au monde." Sa petite sœur adorée a été mariée de force contre quelques poulets et lui, il a fui l'enfer familial. Avant d'être recueilli par une réfugiée africaine, mère d'un bébé. Impossible de ne pas être épaté par ces gamins inouïs de justesse, trouvés dans la rue par Nadine Labaki. Mais aussi de ne pas être bouleversé par la puissance du message humaniste ou l'injustice vécue par les enfants. C'était notre Palme d'or de cœur. À ne manquer sous aucun prétexte.
Notre avis: Coup de cœur
Ernest et Célestine, pour les tout-petits
Quatre petites histoires d'Ernest et Célestine, confrontés au blizzard, à la légendaire souris verte prompte à ramasser tout ce qui traîne, à l'envol d'une oie sauvage recueillie à la naissance ou aux superstitions entourant le bal des souris. C'est mignon, très court (48 minutes en tout), graphiquement splendide, d'une douceur idéale pour les tout-petits. Seul regret : cela manque cruellement de saveur, de profondeur, de variété dans l'humour et d'inventivité par rapport au merveilleux long métrage fourni par Benjamin Renner, Stéphane Aubier et Vincent Patar en 2012.
Notre avis: Bien