"OSS 117: alerte rouge en Afrique noire" se vautre des clichés racistes pour mieux les ridiculiser: "Faire dire à un raciste qu'il ne l'est pas, c'est savoureux"
OSS 117 : alerte rouge en Afrique noire a conclu en beauté le Festival de Cannes.

- Publié le 18-07-2021 à 18h32
- Mis à jour le 19-07-2021 à 12h19

Contrairement aux idées véhiculées par ceux qui ne se rendent jamais dans les salles, cinéphilie et humour peuvent faire bon ménage. Et le Festival de Cannes en a offert une preuve brillante cette année, en se terminant par la projection d'OSS 117 : alerte rouge en Afrique noire, la comédie décapante de Nicolas Bedos qui se vautre dans les pires clichés racistes ou sexistes pour mieux souligner à quel point ils sont ridicules.
Fidèle à lui-même, Jean Dujardin sert à merveille des dialogues délirants tout en prenant des poses aussi ringardes qu'hilarantes. "Il y a des références à #MeToo, c'est évident, explique-t-il, très décontracté sur la terrasse d'un palace cannois. C'est à ça que sert OSS : on passe par une époque pour parler d'aujourd'hui. Dans les années 80, on mettait la main au cul, il y avait la clope, les phrases faciles. Comme le dit Nicolas Bedos, c'est plus de la liberté que du politiquement incorrect. Il ne faut pas absolument enfiler plein de sujets politiquement incorrects, comme si on était en mission. On a envie de s'amuser. Il n'y a pas de censure."
Ici, il essaie de sauver les apparences, d'être politiquement correct…
"C'est la grande idée du film. Très drôle. Certains ne le perçoivent pas toujours. C'est ça qui est formidable avec OSS : ce sont des films à voir et à revoir, ne serait-ce que pour les bons mots. Effectivement, il y a cette espèce de racisme en creux. Faire dire à un raciste qu'il ne l'est pas, c'est savoureux. Là, on se moque vraiment de nous. Il y a ce désir de ne pas être pris pour un raciste. Donc, il passe son temps à s'excuser. Et c'est très malin. Et très lourd. Autant dans le premier film, il mettait tout le temps les pieds dans le plat, autant cette fois, il se dit : attention, on tourne. Il s'avère que cela tombe en même temps que Black Lives Matter. Il y a quelque chose de symétrique d'assez sympa."
Nicolas Bedos dit qu'OSS 117 est un mélange de James Bond et de Jean Dujardin…
"Je réalise sûrement un fantasme. C'est un personnage qui plaît beaucoup, même à pas mal d'acteurs. C'est un cadeau. Cela ne me dérange pas du tout qu'il me colle à la peau. C'est un peu comme si j'étais rentré dans la photo de mon enfance. Ce qui me plaît, c'est que je peux me balader dans les degrés, être très puissant, très con, c'est très complet."
Et très drôle. À découvrir dès le 4 août dans les salles.