Anouk Aimée, décédée à 92 ans, incarnait la beauté et la passion à la française
Baptisée par Jacques Prévert, sublimée par Claude Lelouch, elle avait été nommée pour l'Oscar de la meilleure actrice pour Un homme et une femme.

- Publié le 18-06-2024 à 13h19

Triste "Chabadabadachabada". Deux ans quasiment jour pour jour après le décès de Jean-Louis Trintignant (le 17 juin 2022), la musique mythique d'Un homme et une femme vient à nouveau de résonner au paradis du 7e art. Anouk Aimée, absolument divine dans le film de Claude Lelouch et ses deux suites (Un homme et une femme : 20 ans déjà et Les plus belles années d'une vie, son tout dernier long métrage en 2019), est décédée ce 18 juin, "chez elle à Paris", à l'âge de 92 ans.
Devenue actrice très jeune alors qu'elle se destinait à la danse, elle est devenue célèbre avec des films comme Lola de Jacques Demy, Huit et demi de Federico Fellini, Un soir un train d'André Delvaux, Justine de George Cukor, Le rendez-vous de Sydney Lumet, Mon premier amour d'Elie Chouraqui, Prêt-à-porter de Robert Altman et une multitude de films de Claude Lelouch (Vivre pour vivre, Viva la vie, Il y a des jours et des lunes, Hommes, femmes : mode d'emploi…). Avec à la clef une nomination aux Oscars (pour Un homme et une femme), un prix d'interprétation à Cannes (Le saut dans le vide) et un César d'honneur. Des honneurs qu'elle accueillait avec modestie : "Je n'ai jamais fait de totale composition. Il y a toujours un morceau de moi dans mes rôles."

Si son nom est entré dans les encyclopédies de cinéma, elle le doit à Jacques Prévert. Alors qu'elle s'appelait Nicole Dreyfus, il lui conseille de le changer. Elle choisit Anouk, du prénom de son premier rôle (dans La Maison sous la mer en 1946) et le poète lui propose d'y accoler Aimée, en hommage à sa capacité à attirer immédiatement l'affection.
Pendant toute sa carrière, elle a incarné l'élégance et la beauté à la française, ainsi que la passion amoureuse. Elle s'est mariée quatre fois (Edouard Zimmermann, Nikos Papatakis, Pierre Barouh et Albert Finney) mais aurait fait tourner la tête du Tout-Hollywood, avec des stars comme Warren Beatty ou Omar Sharif. Mais c'est encore son cinéaste fétiche ("Je n'ai jamais eu d'histoire d'amour avec Claude Lelouch") qui a trouvé le titre qui la résumait le mieux : Une pour toutes.
Avec elle, c'est une véritable légende du 7e art qui disparaît.
